11/03/2012
venceremos
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La mission de Célestine : remettre à François Hollande la lettre à Elisabeth Badinter au sujet de Simone Gbagbo
Paris, le 6 mars 2012
Madame,
Ce sont des ami(e)s français(e)s qui nous ont conseillé de nous adresser à vous, de vous écrire cette lettre. Nous qui avions, peu à peu, perdu l'habitude de nous tourner vers les Français.
Qui sommes-nous ? Des femmes. Des Africaines. Des Ivoiriennes. Des femmes qui ont perdu des enfants, des soeurs, des frères, des mères, des pères, des tantes, des oncles, des cousin(e)s, des ami(e)s, des collègues.
Des femmes qui depuis 2000, début officiel de "la crise ivoirienne", ne dorment que d'un oeil, redoutent chaque jour qui se lève et pestent quotidiennement devant les médias simplificateurs, sûrs d'eux et de leurs explications dès qu'il s'agit d'Afrique… Des femmes qui pestent aussi quand ces mêmes médias cessent ou presque, du jour au lendemain, de parler de la Côte d'Ivoire.
Il n'est pas dans notre intention ici de vous demander d'intervenir ou de prendre part d'une quelconque manière dans une crise politique qui a, entre guillemets, "trouvé une issue" avec l'intervention française en avril 2001 et l'arrestation de Laurent Gbagbo. En même temps que lui furent arrêtés des centaines et des centaines de personnes. Des proches, des familiers, des cadres du régime… Jusqu'à son fils, Michel Gbagbo, universitaire, citoyen français né d'un premier amour de Laurent Gbagbo à Paris. Dont le seul crime est de porter le nom de son père.
Jusqu'à sa femme, Simone Gbagbo.
Comme son beau-fils, Simone Gbagbo est aujourd'hui encore en détention provisoire et en résidence surveillée. Sans contact ou presque avec sa famille. Aucun motif officiel n'ayant été invoqué, aucune juridiction n'ayant été définie, elle se trouve dans un véritable no man's land juridique, humain, politique. En plein arbitraire. À la merci du bon vouloir du prince. Nous avons en mémoire les photos ignobles parues dans Paris Match, et diffusées jusqu'à la nausée par toutes les télévisions vampires du monde, d'une femme violentée et exposée. Venus Hottentote contemporaine, la moitié des cheveux arrachés, en haillons.
Sans considération ni pour son rang, ni pour son statut politique de député et de membre fondateur du parti qui obligea Félix Houphouët-Boigny à accepter le multipartisme et donc la démocratie, le Front Populaire Ivoirien, membre de l'Internationale Socialiste et récemment invité au centenaire de l'ANC Sud-Africaine.
Ni pour sa condition de femme. De mère. De grand-mère.
Une femme universitaire, linguiste de formation.
Une militante politique qui, en 1992, déjà était jetée en prison et déjà aussi par… Alassane Ouattara.
Une femme politique de premier plan qui n'est certainement pas la sainte que certain(e)s d'entre nous dépeignent, mais qui ne saurait être le monstre, l'illuminée, "la sorcière" décrite par Mme Malgradis dans Libération… Une femme qui aurait mérité que les médias appliquent les lois que Mme Guigou fit voter, qui protègent, en principe, les individus et leur image. Mais ces lois protègent-elles toutes les personnes ? Toutes les femmes ?
Une femme ivoirienne, fut-elle mariée à un président, se trouve-t-elle de fait au-dessous de lois qu'avec elle on ne serait pas tenu de respecter ?
Pourquoi, Madame, n'avons-nous entendu aucune femme française, européenne, américaine, à part vous, dénoncer les humiliations, les violences et les brutalités subies par Simone Gbagbo et toutes les femmes qui avaient trouvé refuge avec elle à la résidence présidentielle durant les bombardements français de fin mars-début avril 2011 ?
Ces humiliations, ces violences et ces brutalités ont été ressenties dans leur chair par toutes les femmes africaines. Et, pensions-nous, par toutes les femmes.
Notre démarche, Madame, est humanitaire et féministe. Par-delà toute considération politique.
Nous avons décidé d'alerter les opinions publiques internationales sur le sort subi par une femme noire, africaine, première dame, universitaire, député et membre fondateur du parti qui instaura la démocratie dans son pays.
Nous espérons pouvoir vous rencontrer plus longuement, afin de vous exposer notre action plus en détail et échanger avec vous à cet égard.
Association HGMJ
tout le dossier "Celestine mouille le maillot pour Simone " sur l'indispensable gri gri international:
article-la-mission-de-celestine-remettre-a-fran-ois-holla...
11:50 Écrit par saper aude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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En 2012 avec le front de gauche, ça vaêtre possible
11:26 Écrit par saper aude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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