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  • La gauche française et l'alternance politique en Côte d'Ivoire - Michel Galy 24 oct 2011

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  • LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN



     

    Aussi illogique et excessif que cela puisse paraître comme propos venant d'un homme qui gère un Etat en lambeaux et qui devrait faire profil bas, le Premier ministre Soro Guillaume, triomphaliste, ne s'est pas embarrassé de scrupules pour s'en fendre : « Alassane Ouattara a fait en 100 jours ce que Laurent Gbagbo n'a pas fait en 10 ans ». Quand même ils bouclent 6 mois d'exercice du pouvoir. Sans pour autant nous dire, concrètement et précisément, dans un rapport ou document scientifique, les avancées effectuées et les réalisations de Ouattara, depuis qu'il occupe le palais du Plateau, et qui suscitent tant d'enthousiasme et de lyrisme.

    Les libertés individuelles et collectives? La démocratie? La sécurité? L'économie? La santé publique? Les infrastructures? L'école et notamment l'université? L'affirmation de la souveraineté et la concrétisation de notre indépendance? Le respect de la Constitution? L'emploi jeunes? La croissance économique? Le recouvrement des recettes douanières? La justice? La santé des entreprises? L'initiative PPTE? La réconciliation nationale et la cohésion sociale? L'agriculture? L'autosuffisance et la sécurité alimentaires? Le prix d'achat du cacao et du café aux planteurs? Franchement, dans quel domaine, exactement ?

    Effet d'annonce médiatique pour gogo et occidentaux néocolonialistes, disons-nous, pour quiconque vit en Côte d'Ivoire, touche les réalités du pouvoir Ouattara et porte un regard objectif et critique sur sa gestion, depuis avril 2011.

    Nous n'allons pas donner l'occasion à toutes les mauvaises langues qui pullulent dans la « nouvelle Côte d'Ivoire » de nous accuser de délation. Nous exposerons des faits objectifs, palpables, pour permettre à tous d'apprécier, en toute lucidité, de sorte que jamais plus cette contre-vérité ne soit entendue ou dite, en Côte d'Ivoire.

    D'abord les indicateurs économiques et sociaux, ceux qui comptent le plus pour le peuple : selon l'UGTCI (Union Générale des Travailleurs de Côte d'ivoire), la plus ancienne et plus grande centrale syndicale ivoirienne, proche du pouvoir actuel, la prise de pouvoir de Ouattara a occasionné la destruction de 80.000 emplois ; le Président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, Monsieur Jean-Louis Billon, lui, parle de 120.000 emplois détruits.

    En réalité, avec les licenciements abusifs (exemple de la Présidence, plus de 1300 déflatés, des personnels des institutions de l'Etat et, bientôt, de la RTI qui projette la libération de 600 agents), les déguerpissements de commerces informels et d'habitat précaire (dans le cadre de l'« Opération pays propre » qui, curieusement, ne touche pas les communes RDR), la dissolution des Conseils généraux et l'annulation de 120 concours de la Fonction publique, il faudrait plutôt parler de 150 à 200.000 destructions d'emplois en 5 mois. Exactement, ce qu'il avait promis créer comme emplois, chaque année. Avec autant de sans abri enregistrés. Sans compter les arriérés de salaires de plusieurs mois au BNETD, dans les institutions et établissements d'Etat et au niveau des agents des forces de l'ordre.

    Le Patronat ivoirien, avec à sa tête Monsieur Jean Kacou Diagou, lui, a annoncé, dans la période de gouvernance dont se targue le Premier ministre, une perte sèche - pour toutes les entreprises de droit ivoirien - qui s'évalue à la somme astronomique d'environ 1000 milliards de francs CFA. Plus de 400 PME et PMI ont été déclarées en faillite par Monsieur Diagou. Ont-elles été ressuscitées en 100 jours de gestion de Ouattara, quand sous Gbagbo elles existaient bel et bien ? Sûrement pas. D'ailleurs, seules les entreprises françaises ont eu droit à un début de dédommagement (et aux nouveaux marchés, de gré à gré) de la part du Chef de l'Etat. En rapport avec ses accointances élyséennes. Les ivoiriennes, elles, rongent encore leurs freins. Ouattara ne leur prête pas le moindre regard de compassion. En plus de leur devoir énormément d'argent : la dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de francs CFA. Il n'y a pas encore eu un début franc de décaissement.

    Le taux de croissance, lui, est passé au niveau record et historique de -7,8% (abyssal), au lendemain du renversement du Président Gbagbo par les Forces spéciales françaises. Les institutions de Bretton Woods, récemment en mission en Côte d'Ivoire, n'envisagent qu'un relèvement de -5,8% fin 2011, pour la prévision la plus optimiste. Déjà deux fois pire que le taux de croissance enregistré par le Président Laurent Gbagbo en 2002-2003, en pleine crise militaro-politique. Rien que ça. La prévision la plus pessimiste pour la Côte d'Ivoire, fin 2011, étant de -7%. Y a-t-il comparaison possible ?

    Ouattara annonce, en outre, un taux de 8% pour 2012 quand les plus brillants spécialistes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international réunis prévoient, au meilleur des cas (et nous y insistons), 6% de croissance pour... 2014-2015 ! L'effet d'annonce, Ouattara adore ! Et berce ses suiveurs d'illusion. Il n'est pas possible qu'il ait fait mieux en 100 jours que Gbagbo en 10 ans. C'est mathématiquement impossible ! Et rien ne nous garantit, d'ailleurs, qu'il fera mieux en 5 ans de mandat ou même la moitié, en 10 ans.

    Quand s'y ajoute l'exacerbation du racket, sur tout le territoire national, des commerçants, des transporteurs et des planteurs sur nos routes, dans nos ports et à nos frontières, on comprend aisément que bien d'opérateurs économiques étrangers se soient détournés de la destination Côte d'Ivoire et que l'économie peine à reprendre. La « Centrale » - le Trésor de l'ex-rébellion - est officiellement démantelée mais continue d'exister dans les faits et à détourner nos recettes douanières. Il faut bien que les ex-FAFN vivent. Ouattara ne leur a pas encore versé leur pécule de guerre (5 millions de francs CFA promis par combattant).

    D'un autre côté, des centaines d'Ivoiriens sont toujours en exil ou déplacés de guerre. Pas moins de 270.000 d'entre eux sont hors de la Côte d'Ivoire, selon les chiffres des Nations Unies, dont 29.000 dans les camps du HCR, au comble du malheur et de la pauvreté. 450.000 sont déplacés, sur toute la surface du territoire ivoirien et dans les missions catholiques, selon les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés. Soit environ - en tout et pour tout - un peu moins d'un million d'Ivoiriens ! Qu'a fait Ouattara pour leur retour et leur réintégration ? Rien ! A part la remise de quelques vivres, aussi rares, insuffisants que ponctuels. Si nous nous trompons, qu'on nous démente. Il fait même déguerpir les camps des déplacés de Duékoué pour sa prochaine visite dans l'Ouest. Ouattara ne veut pas voir la misère dans laquelle il a plongé les Ivoiriens.

    De sorte qu'actuellement, dans l'indifférence la plus absolue, l'Ouest du pays est dans la détresse et l'insécurité alimentaires les plus totales et ne doit sa survie qu'à la présence d'ONG comme « Action contre la faim » et celles citées plus haut.


    Le quotidien des Ivoiriens est un désastre continu : les prix sur les marchés ont flambé à cause du racket des FRCI sur les transporteurs et les commerçants du vivrier. Entre juin 2010 et juin 2011, les prix du riz, du sucre et du bœuf ont augmenté de 11%, 44% et 20% respectivement, selon l'Institut national des statistiques (INS). Dans un contexte global de stress professionnel, d'insécurité de l'emploi et de chômage prononcé. Les Ivoiriens mangent par accident, « mort subite » assurée pour tous (un repas unique par jour), comme disent les chanteurs de Zouglou. Avec Ouattara, la pauvreté des Ivoiriens s'est plus que jamais accentuée.

    La santé gratuite et les médicaments gratuits annoncés à grand renfort médiatique et de proclamations politiques ont fait long feu. Rien de tout cela sur le terrain. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Ils manquent de tout. Pire, les médecins et personnels médicaux sont régulièrement les victimes des exactions et des bastonnades des FRCI, à Abidjan et à l'intérieur du pays. La récente grève générale illimitée du personnel du CHU de Treichville - circonscrite quelques jours plus tard par la tutelle - en dit long sur les rapports des « sauveurs » avec les personnels de santé, en Côte d'Ivoire. Jamais pareille dérive militaire n'avait été observée sous la gouvernance du Président Laurent Gbagbo contre les services de santé.

    Au niveau du prix du cacao, le gouvernement (qui signe son retour en force, quand il devait être en retrait de la filière, selon les exigences des institutions financières internationales) a annoncé le prix de 1000 francs CFA. Les pisteurs et les acheteurs grossistes le prennent aux producteurs à 600 francs à peine. Il est capital de relever que le prix du cacao payé effectivement aux planteurs était de 250 à 350 francs CFA, au lendemain de la prise de pouvoir de Ouattara, là où il leur était payé entre 1000 francs et 1300 francs CFA, sous la gouvernance de Laurent Gbagbo. Aucune comparaison possible ! Ouattara a appauvri nos agriculteurs et n'inverse toujours pas la tendance.

    Du point de vue des infrastructures, le pouvoir RHDP continue d'inaugurer les travaux et de se prévaloir des projets du président Gbagbo plutôt que de les inscrire dans la continuité de l'Etat : la réfection des voies, le pont de Jacqueville, le pont de la 7ème Tranche d'Angré, l'autoroute de Grand-Bassam, l'autoroute du Nord et le pont Riviera-Marcory baptisé par Alassane Ouattara « Pont Henri Konan Bédié », bouclé à 85 milliards de francs CFA, sans péage, par Laurent Gbagbo et surfacturé à 125 milliards de francs CFA par Ouattara, avec péage (700 francs CFA par véhicule et par passage, soient 2.800 francs CFA par jour pour un travailleur ivoirien qui ferait deux aller-retour par jour pour se rendre au travail et à la maison, pendant 30 ans, au profit de l'entreprise française Bouygues !). Qui s'est le plus mis en peine du portefeuille de l'Ivoirien ? La réponse est sans appel.

    En ce qui concerne les libertés individuelles et collectives, les droits du citoyen et la justice, la côte d'Ivoire a fortement régressé avec le RHDP : interdiction de rassemblements et de réunions observée contre le FPI, violences politiques (coups, blessures et casses aux meetings de Koumassi et de Yopougon Place CP1 organisés par le FPI), arrestations arbitraires à connotation politique (de Laurent Gbagbo et plus de 40 de ses parents, collaborateurs et proches), emprisonnements de journalistes et hommes de médias (Hermann Aboa, Franck Anderson Kouassi, Serge Boguhet, malgré l'interdiction formelle de la loi ivoirienne), entorses aux procédures judiciaires (incarcération avant inculpation et sans prise en compte de statut politique et administratif : chef d'Etat, premiers ministres, ministres, députés), mandats d'arrêt internationaux contre des autorités ivoiriennes en exil, chasse à l'homme (voyage de Ouattara au Ghana, arrestation du Commandant Séka Yapo Anselme), justice des « vainqueurs » (aucun proche, collaborateur ou partisan de Ouattara inquiété par la justice malgré tous les crimes commis depuis 2002 et les massacres de Duékoué), prisons, commissariats de police et palais de justice incendiés, saccagés ou pillés dans bien des villes du Sud et non encore réhabilités, plongeant ces localités dans l'insécurité totale ; gel des avoirs bancaires et occupation illégale de domiciles et de résidences (de la plupart des responsables du FPI en exil et de pro-Gbagbo), confiscation de biens privés (immeubles, sociétés, voitures des pro-Gbagbo et des cadres du FPI). Malgré les interpellations de Madame Lohourignon Odette, Présidente l'Organisation des femmes du FPI et de plusieurs autres responsables de ce parti, Alassane Ouattara reste sourd et de marbre. Toutes ces choses étaient impensables sous la gouvernance de Gbagbo. En quoi donc Ouattara a-t-il fait mieux que lui si ce n'est d'avoir fait bien pire ?

    Relativement à l'administration territoriale et communale, l'Etat est en faillite : les préfets de région, préfets  de départements et sous-préfets ne représentent plus rien. Ils ne sont revêtus d'aucune autorité et ne sont désormais que l'ombre d'eux-mêmes. Ce sont les FRCI et les ex-Com-Zones qui décident et qui gouvernent nos circonscriptions. Leurs décisions s'imposent à nos autorités locales et nul ne s'aviserait de leur faire ombrage. Sur l'ensemble du territoire national. Des maires sont démis de leurs postes électifs, par coup de force du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, en personne : Yopougon, Guiglo, Issia, Méagui, Marcory, Daloa, Gagnoa, Mankono, etc. Leur crime : être proches de Laurent Gbagbo ou de son obédience (LMP).

    Du côté institutionnel, c'est la morgue : l'Assemblée nationale est illégalement suspendue si ce n'est dissoute de fait. Les députés restent des mois entiers sans salaires ni prérogatives ; le Conseil constitutionnel a été renouvelé anticonstitutionnellement, avant le terme de son mandat  ; Monsieur Zadi Kessy, actuel président du Conseil économique et social a été nommé au poste, contre les textes en vigueur, sans même être un conseiller économique et social (jamais pareille dérive n'a vu le jour en Côte d'ivoire) et nommé conseiller économique et social, après coup seulement ; le chef de l'Etat continue à être le président du RDR, son parti, contre toutes les dispositions de la Constitution ivoirienne (Article 54) et n'a toujours pas encore déclaré ses biens devant la Cour des comptes, comme l'exige notre Loi fondamentale (Article 55). De ce point de vue, il est en antinomie totale avec Laurent Gbagbo.

    Pour ce qui est du volet capital de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale, en son temps, le Président Gbagbo avait fortement travaillé au retour des illustres exilés ivoiriens qu'étaient le Président Henri Konan Bédié et le Premier ministre Alassane Ouattara, réfugiés en France, et le reclus volontaire qu'était devenu le Général Guéi Robert, à Kabakouma, son village natal, dans la région de Man. Un Forum de la réconciliation nationale avec un président qui n'est pas un proche de Gbagbo, à l'opposé de Ouattara aujourd'hui, a été organisé et a ressoudé quelque peu le tissu social ivoirien en compote. Mais la malhonnêteté humaine, les ambitions démesurées pour le fauteuil présidentiel ivoirien de ceux qui se proclament, en ce moment, « héritiers d'Houphouët-Boigny » et la perfidie de la France de Chirac ont replongé notre beau pays dans la violence et le crime, un certain 19 septembre 2002. Gbagbo a fait revenir les exilés ivoiriens, Ouattara, lui, les pourchasse jusque dans leurs derniers retranchements, au Ghana, avec des mandats d'arrêt internationaux et des décisions de gel d'avoirs bancaires. Peut-il y avoir comparaison ? Certainement pas.


    Les nominations à base ethnique et tribale observées dans le gouvernement, dans toute l'administration ivoirienne et à la tête des services centraux de l'Etat, des entreprises et sociétés d'Etat ne contribuent pas davantage au retour de la cohésion sociale et à la réconciliation. Pas plus que l'affectation sanction massive des ex-FDS en zone CNO. De ce point de vue, Laurent Gbagbo est reconnu pour être tout l'opposé de Ouattara.

    Quant à la sécurité, il suffit de se renseigner auprès des chancelleries occidentales qui se sont récemment rendues chez Ouattara pour « exiger » le retour de la sécurité pour s'en faire une idée. La situation sécuritaire du pays est préoccupante, au plus haut point. Ainsi, le mardi 18 octobre 2011, Alassane Ouattara a reçu en audience, au Palais présidentiel au Plateau, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire (ONUCI), Arnauld Akodjénou et quatre diplomates accrédités en Côte d'Ivoire : les ambassadeurs de France, Jean-Marc Simon et des Etats-Unis, Philip Carter III, du Chargé d'Affaires du Royaume-Uni et du Représentant de l'Union européenne. Le communiqué de presse de l'ONUCI, à la fin de cette rencontre, fait état de l'examen de questions de sécurité en Côte d'Ivoire. Cela, c'est la version diplomatique.

    En réalité - et il faut clairement le dire -, il n'y a plus de sécurité en Côte d'Ivoire. Des milliers de prisonniers de droit commun libérés de nos geôles pour servir de supplétifs, dans toute la partie Sud du territoire national, par les combattants pro-Ouattara pendant leur offensive finale, écument nos villes et localités. Des micro-finances, des agences de transfert d'argent, des supermarchés, des entreprises, des églises, des domiciles privés, des prêtres, d'honnêtes citoyens dans tout le pays, sont constamment victimes d'attaques à mains armées, d'enlèvements, de braquages et de cambriolages d'hommes en treillis. Des véhicules diplomatiques continuent d'être braqués. De simples civils, des étudiants, des élèves, des agents de l'ordre abattus par les FRCI ou des hommes en tenue militaire font régulièrement la Une des tabloïds ivoiriens. Ceci est un secret de Polichinelle.

    Nous avons, en outre, encore souvenance du rapt du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau (fait oh combien impensable des « sauveurs » contre un des leurs), enlevé alors qu'il rentrait du service, « séquestré durant trois heures » (selon son propre témoignage dans la presse ivoirienne) et soulagé de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de portables et de montre de luxe. Nous n'oublierons pas la scabreuse affaire du kidnapping d'ex-officiers français délestés de la grassouillette somme de 25 millions de francs CFA par les hommes du Commandant Issiaka Ouattara alias « Wattao », non encore résolue malgré la plainte déposée.

    L'éducation est le plus grand crève-cœur que nous aura servi, depuis son installation, le pouvoir Ouattara. Sous le fallacieux prétexte de problèmes de trésorerie (35 milliards recherchés), les universités publiques ivoiriennes sont fermées et les étudiants à la rue, depuis 6 mois. Des travaux de réhabilitation (aussi urgents et indispensables soient-ils) peuvent-ils justifier qu'on sacrifie trois promotions de bacheliers (2008-2009-2010 voire très certainement 2011), tous les cycles de recherches ainsi que tous les niveaux intermédiaires, et qu'on remette la rentrée universitaire d'après-crise aux calendes grecques ? De mémoire de terrien et de citoyen du monde, c'est la première fois que nous entendons une énormité pareille. On peut tout reprocher à Laurent Gbagbo mais on ne l'accusera jamais d'avoir intentionnellement fermé l'école, sacrifié les étudiants et universitaires tous cycles confondus et renvoyé l'ouverture des classes à des dates improbables. Ici encore, la comparaison ne tient pas la route.

    En ce qui concerne l'affirmation de notre souveraineté et la concrétisation de notre indépendance, le pouvoir RHDP nostalgique de la Côte d'Ivoire postcoloniale ( ?) des années 60, nous a ramené à l'ère des coopérants français, des conseillers élyséens au Palais d'Abidjan et de « l'indépendance sous haute surveillance » - avec un vice-président près Monsieur Ouattara qui ne dit pas son nom : Monsieur Philippe Serey-Eiffel, homme de main de Nicolas Sarkozy, et le retour en force du 43ème BIMA français - page que le Président Gbagbo avait tournée pour nous rendre toute notre honorabilité et notre dignité d'Africains libres. Avoir lutté 50 ans pour en arriver là, il aura fallu Ouattara pour réussir ce tour de force ! Durant plusieurs mois, la France a même payé les salaires des fonctionnaires ivoiriens. Inconcevable sous Gbagbo ! Une politique économique judicieuse avait permis à la Côte d'Ivoire, sous son règne, de vivre de ses propres ressources. Ouattara, lui, nous a embarqués dans un surendettement record et une gouvernance sur fonds extérieurs. Rabaissant notre pays à la mendicité internationale. Il a, en outre, durablement compromis l'aboutissement de l'initiative PPTE quasiment bouclé par Laurent Gbagbo en 2010, pour mars 2011.

    Pour la démocratie, pas davantage d'espoir. La Commission électorale indépendante (CEI) est à coloration unique. Celle du RHDP. Y compris tous ses démembrements régionaux, départementaux et locaux. Le pouvoir Ouattara l'a verrouillé pour concrétiser sa dictature et le retour triomphant du parti unique. Sur 31 postes représentatifs, il ne veut bien consentir qu'à peine cinq à ce qui lui tient lieu, actuellement, d'opposition. La règle d'équilibre et de représentativité jadis de rigueur dans l'institution sous Gbagbo (qui avait même concédé plus de postes à son opposition, au nom des clauses des différents accords pour la paix et d'une transparence absolue) a volé en éclat avec Ouattara, le « nouveau démocrate ». Les appels du FPI à la discussion et au consensus politique restent lettres mortes. Les législatives de décembre approchent donc dans une ambiance de suspicion totale. Les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » sont encore en armes dans tous nos campements, villages et villes, semant angoisse et terreur. Le remake de l'élection présidentielle est en marche. Inexorablement.

    Nous voulons donc bien croire, avec Monsieur le Premier ministre, qu'en 100 jours Alassane Ouattara ait fait mieux que Laurent Gbagbo en 10 ans mais les faits sont là, têtus, qui prouvent tout le contraire. Mieux, pour rester honnête, il faut même dire que Ouattara a réussi l'exploit de détruire, en seulement 100 jours, ce que Gbagbo a construit en 10 ans. Parce que construire un pays, une nation, ce ne sont pas seulement les infrastructures ou les opérations de salubrité - du reste problématiques. C'est aussi forger une âme, une dignité, une fierté nationales, respecter sa Constitution, faire régner le droit, accorder au peuple ses libertés individuelles et collectives, assister les plus pauvres, secourir les sinistrés, permettre à tous de se nourrir décemment et à chacun de vivre sans peur. Cela, Ouattara ne l'a pas réussi. Du moins, pas encore. Qu'on ne vienne donc pas nous proclamer le contraire. Nous lui souhaitons, toutefois, bon vent à la tête de notre pays.



    Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



    DINDE Fernand AGBO



    In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353, 354 et 355 des jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 octobre 2011.

  • L'abolition du néocolonialisme : une nécessité (cas de la Côte d'Ivoire)



    article publié le 28/10/2011
    auteur-e(s) : Martine Boudet

    C’est un fait reconnu, le printemps des peuples arabes, relayé par le mouvement des Indignés d’Espagne, de Grèce et d’Europe met à l’ordre du jour la démocratisation des relations internationales. Sortir du carcan des politiques néo-libérales conduites par les équipes au pouvoir est devenu quasiment un impératif de survie, pour des peuples soumis à une pression économique devenue insupportable. Face à l’oligarchie mondialisée, qui gère les institutions du FMI, de l’Union européenne, de la coopération franco-africaine, la chute des dictatures en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Lybie… constitue un motif d’espérance. De même que la tenue du FSM à Dakar, signe de la volonté du mouvement altermondialiste de contribuer à la sortie de l’Afrique subsaharienne de l’isolement géopolitique et médiatique.

    Pour autant, la tragédie que connaît la Côte d’Ivoire ainsi que le reflux de l’insurrection burkinabé dans la même période sont autant d’éléments de la crise historique du système néocolonial, institué depuis cinquante ans dans la zone francophone et maintenu en dépit du mouvement de démocratisation des années quatre-vingt dix, qui fit suite à la chute des régimes de l’Est. Ces deux événements procèdent de la stratégie belliciste imposée par l’impérialisme français, avec la complicité des USA et de l’ONU : intervention de la force Licorne dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire depuis une décennie, nomination du général Beth, ancien chef de la force Licorne à la tête de la diplomatie française au Burkina-Faso. Cette actualité coïncide avec d’autres interventions armées (en Lybie et en Afghanistan) et avec la mise en place en France d’une politique violemment xénophobe et anti-sociale dont la montée de l’extrême-droite est un prolongement direct. Etant donné les effets destructeurs de cette « réaction sur toute la ligne », la question de l’abolition du néocolonialisme devient de la plus haute importance, pour la défense tant des intérêts des peuples que du mouvement altermondialiste.

    Le néocolonialisme francophone

    Les pays du Maghreb sont constitués sur des bases nationales sources d’unification de type religieux (Islam), ethnique et linguistique (deux ethnies principales, arabe et berbère). Cette spécificité régionale et nationale avait jusqu’à présent été instrumentalisée par des dictatures patriarcales et militaristes qui ont maintenu une chape de plomb pendant des décennies. Il est à espérer que l’unité joue désormais dans l’autre sens et soit positivée, en faveur des peuples et de la défense de leurs droits.

    Quant au problème principal à résoudre dans les pays subsahariens, il réside dans la gestion de la multiplicité ethnique et linguistique, cela dans des territoires souvent artificiellement délimités à l’occasion de la colonisation et déclarés intangibles depuis lors. Les Constitutions francophones sont par ailleurs calquées sur le droit occidental et français, qui valorise la citoyenneté individuelle, alors que la culture africaine est fondée sur l’appartenance à des fratries. Les drames rwandais et ivoirien de la dernière période (période qui suivit la chute du mur de Berlin) proviennent de l’antagonisme inter-communautaire, alimenté de l’extérieur pour des intérêts géo-stratégiques et économiques. « Diviser pour régner » : la discrimination ethnique est une politique systématique de l’ordre (néo) colonial. Dans le cas du Rwanda, le colon belge a avantagé les élites tutsie puis hutue selon les circonstances et le rapport des forces, le néocolonialisme français prenant le relais en soutenant la dictature hutue née de la décolonisation. L’instrumentalisation de cette question est moins connue dans le cas de la Côte d’Ivoire, dont l’opinion publique retient surtout l’épisode nationaliste de l’ivoirité, mené à l’encontre des immigrés africains dont ceux du Burkina-faso. En fait, pour le maintien de ses privilèges économiques, le pouvoir français a soutenu l’ethnie Baoulé (à laquelle appartenait F. Houphouët-Boigny) au détriment des autres, celle des Bétés (groupe d’appartenance de L Gbagbo), des Agni, des Dioula.... Dans le contexte de la crise économique, la politique d’exclusion des étrangers menée au nom de l’ivoirité par le clan du PDCI (qui infiltra le FPI lorsqu’il fut au pouvoir) s’avère donc en grande partie un exutoire face au parasitisme français tout comme aux discriminations subies par les autres ethnies du pays :

    « C’est ce clan (celui des Baoulés) et ses affidés (auteur du TSO- le tout sauf Ouattara- en 1991) qui ont écrit et promulgué en 1995, sans référendum, la loi sur l’ivoirité qui a endeuillé de 1995 à 2011 la Côte-d’Ivoire. Ce clan et ses membres sont connus, ils doivent être jugés au nom de la démocratie, en dehors des accords politiciens. Parce que la démocratie, c’est la liberté de chaque citoyen à accéder et exercer le pouvoir politique de son pays, sans entraves et préjugés. Mais avec le retour triomphant du tribalisme aux élections de 2010, signifiant ainsi l’échec dans notre pays de la démocratie (qui privilégie la compétence du citoyen), la Côte-d’Ivoire, pour éviter l’implosion, devrait tendre vers « La confédération », avec des présidents de régions autonomes, qui mettront en place un exécutif fédéral, tournant (tous les cinq ans), par un vote de grands électeurs. »(1) Comme l’écrit Bernard Doza, en complément de l’indépendance économique (et monétaire ?) du pays, c’est une formule confédérale qui conviendrait au géant ivoirien. A l’image de la construction nigériane, par exemple, héritière de la décolonisation britannique, respectueuse, moyennant la gestion de « l’indirect rule », des nationalités et de leurs cultures. Pour la démocratisation de ses institutions, la France elle-même s’est bien dotée d’institutions décentralisatrices, au plan régional, cela depuis 1982.

    Pour résumer, la politique « culturelle » de l’impérialisme français s’articule à partir de deux stratégies : divisions et discriminations inter-ethniques et assimilation in fine aux standards centralistes et autoritaires de la métropole.
    La cristallisation des conflits et le pourrissement de la situation générée par un tel « modèle » sont aggravés par l’absence de perspectives économiques et une paupérisation endémique. Suite à des décennies de prédation et à la crise financière de 2008, les émeutes de la faim ont fait des centaines de morts au Burkina-Faso, et au Cameroun. Suite au génocide rwandais, l’exportation de la guerre au Congo Kinshasa pour une annexion des territoires et la prédation de leurs richesses a fait trois millions de morts. La capitale du Tchad, Ndjaména, visitée par le couple Sarkozy-Carla Bruni en 2008 a été en grande partie détruite par une guerre régionale dont les tenants et les aboutissants restent obscurs : l’exploitation du pétrole local y est sans doute pour beaucoup. La tragédie ivoirienne handicape aussi toute la région de l’Afrique de l’Ouest.

    Avec un bilan aussi calamiteux, comment expliquer la longévité de l’empire francophone ? La françafrique s’enracine dans le terreau du racisme négrophobe à l’échelle internationale. Sur cette base, les relations Afrique-France constituent une courroie de transmission privilégiée des politiques ultra-libérales menées par les institutions internationales sur le continent africain. Au dispositif de la Coopération monétaire, militaire et civile, s’ajoute la gestion du FMI dont les directeurs généraux sont français par tradition : Michel Camdessus, Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde.

    Les nuisances des réseaux françafricains, première oligarchie constituée de facto, portent atteinte aux droits démocratiques, en France comme dans les pays du Sud. L’échec de la justice à instruire l’affaire ELF contribue au maintien des dictatures et du sous-développement au Congo Brazzaville et au Gabon. Quant à la politique menée en Côte d’Ivoire avec l’appui des USA et de l’ONU, elle constitue sans nul doute le crime le plus odieux du quinquennat de N Sarkozy.

    De l’urgence d’abolir le néo-colonialisme (ou les leçons du drame ivoirien)

    « Tout le monde doit avoir sa part du gâteau » avait dit Alassane Ouattara lors du face à face qui l’a opposé au présent déchu Laurent Gbagbo, à quelques jours du deuxième tour des élections présidentielles du 28 novembre 2010.
    Si les Ivoiriens avaient cru ces phrases bénignes, de la part d’un homme politique qui dans une rhétorique essayait de les convaincre de lui accorder leur suffrage, aujourd’hui ils se rendent compte que c’est tout autre chose. Vu que le gâteau en question, c’est la Côte d’ivoire et qu’il est en train de partager entre tous ceux qui ont rendu son ascension possible.
    Et dans ce partage monstrueux, on n’oublie personne, on accorde surtout selon l’effort fourni. C’est pourquoi la France qui s’est battue corps et âme pour Ouattara, qui a trempé dans tous les sales dossiers jusque même à arrêter le président sortant, s’est taillé la part du lion.
    En effet, le quotidien ivoirien « Le Temps » dans sa parution du 14 juin 2011, rapporte que le nouveau président de la République aurait donné 80% du pétrole ivoirien à la France, après sa prise de fonction. La force Licorne, détachement de l’armée française en Côte d’Ivoire, qui sans doute a subi d’énormes pertes en hommes dans la bataille d’Abidjan (!), s’est elle vue octroyer la sécurité personnelle du président ivoirien, à hauteur de 21 milliards de franc FCA (environ 33 millions d’euro). Sa propre armée ne lui inspirant pas confiance, Alassane Ouattara a préféré se faire protéger par la métropole, en échange des richesses de la Côte d’Ivoire.
    Le Burkina Faso, pays enclavé qui a servi de base arrière à la rébellion qui l’a conduit au pouvoir, et qui a fourni des mercenaires issus de son armée régulière, a eu la direction du port autonome de San Pedro, le deuxième port du pays.

    Ainsi, monsieur Hilaire Lamizana (photo), ressortissant burkinabé est le nouveau patron du port de San Pedro. On reprochera sans doute aux Ivoiriens d’être xénophobes, mais la majorité pense que ce ne sont pas les cadres ivoiriens qui manquent. Mais bon, c’est la part du gâteau de Blaise Compaoré qui obtient aussi la gratuité de l’électricité dans son pays. La facture, c’est le contribuable ivoirien qui la paye. Celui-ci a vu en effet ses dernières factures d’électricité grimper, sans raison valable.(...)
    Les promesses de pluies de milliards qu’il avait faites aux Ivoiriens se muent aujourd’hui en pluies de dettes, car le pays vit au rythme de prêts interminables. Et d’ici peu, les fonctionnaires vont subir des coupes dans leur salaire, afin dit-on de contribuer à la reconstruction nationale. Tous ses faits dénotent clairement que la relance économique n’est pas pour demain. Surtout que désormais les richesses des Ivoiriens ne leur appartiennent plus à eux seuls. »(2)

    « Je ne veux pas m’attarder sur le contentieux électoral, parce que c’est ça qui a été fait, c’est ça qu’on a servi à tout le monde pour nous faire oublier les enjeux, les grands enjeux qui sont géoéconomiques, géostratégiques, parce que le Golfe de Guinée où la Côte d’Ivoire se situe , fait partie du sauvetage du système aujourd’hui, qui a du plomb dans l’aile. Obama sait, la France le sait... Ils sont en perte de vitesse devant la Chine qui avance à pas de géant....Ils ont besoin de points d’ancrage .ll ne s’agit ni de paix, ni de Laurent , ni d’Alassane, ni des peuples d’Afrique. Il s’agit de savoir comment sauvegarder des intérêts" dominants dans une période qui n’est plus la guerre froide mais c’est tout comme . puisque l’Asie et l’occident vont s’affronter ..., et ça passera par l’Afrique... »(3)

    Depuis la bataille d’Abidjan qui a conduit à l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril dernier, rien ne filtre officiellement de ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Ce silence radio, qui contraste avec le matraquage médiatique précédant le dénouement, entretient sur le changement de régime un secret plus que douteux, comme le confirment les articles précités. Tout fonctionne comme si les règles démocratiques élémentaires – suivi et contrôle de la chaîne des informations, expression des organisations concernées, débat d’idées contradictoire...- règles qui s’appliquent normalement entre nations et citoyens de bonne compagnie n’avaient pas lieu d’être. Cela au nom d’un consensus tacite qui prévaut entre Etat et peuple français en matière de relations Afrique-France depuis cinquante ans déjà.

    Avec la médiatisation de la vie internationale, il n’est plus possible de dire que l’on ne savait pas. La liberté existant par ailleurs en France de s’opposer pacifiquement et par les voies légales à la politique néocoloniale, la responsabilité des organisations, élus et citoyens est engagée dans le fait de ne pas l’assumer. L’abolition du néocolonialisme est un objectif d’autant plus important à réaliser qu’il s’agit désormais de défendre les intérêts vitaux de peuples en danger. Le « peuple-nation » ne pourra se reconstruire sur des bases assainies sans un examen non complaisant sur la politique de coopération du pays. Une intégration plus harmonieuse des banlieues et des DOM-TOM en dépend de même que la rééquilibration de sa politique d’immigration, grâce à une démarche de co-développement. Cela dans ses différentes composantes : s’il est peu douteux que la présidence mitterrandienne et le gouvernement de la gauche plurielle ont à rendre compte respectivement de leur gestion du génocide rwandais ou de la guerre civile au Congo-Kinshasa, faudrait-il exonérer pour autant la gauche de la gauche ? Sur l’échiquier politique, c’est aux forces anti-libérales et altermondialistes de faire entendre la voix des peuples tiers, victimes de la politique de leur Etat. Un premier rendez-vous a été manqué au lendemain de la chute du stalinisme qui fit des relations Nord-Sud le nouvel axe stratégique. Il est nécessaire de sortir désormais du cercle vicieux qui conduit l’oligarchie à détruire systématiquement les bases vitales des peuples du Sud et à s’attaquer désormais à celles du Nord.

    La création d’un comité de défense de la démocratie en Côte d’Ivoire et au-delà des peuples africains en lutte, en particulier burkinabé, serait une démarche alternative nécessaire. Entre autres objectifs, il s’agit d’œuvrer à la création d’une commission d’enquête sur le bilan d’activités de la force Licorne (4). Devraient aussi être demandés le suivi de l’information (sur les chaînes publiques de radio-télévision) concernant la situation en Côte d’Ivoire et la tenue d’un débat public sur ce sujet, comme pour les autres sujets d’actualité. De manière à permettre le contrôle des informations reçues et les prises de position des organisations concernées.
    C’est à ces conditions parmi d’autres que se construira une citoyenneté consciente des enjeux internationaux que notre pays doit assumer.

    Martine Boudet membre du Conseil scientifique

    publié sur le site d'attac france:

    spip.php?article12393

    [1](1) 20/06/ 2011 Cameroon Voice, L’écrivain Bernard Doza écrit à Alassane Ouattara
    http://www.cameroonvoice.com/news/n...
    [2] (2) Cameroon Voice, 15/06/2011 Côte d’Ivoire : Après la « victoire », le partage du butin
    http://www.cameroonvoice.com/news/n...
    [3] (3) Aminata Traoré (vidéo)
    http://www.youtube.com/watch?v=99-G...
    [4](4) Une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête sur le rôle de la Force Licorne en Côte d’Ivoire a été présentée par Patrick Braouezec et ses collègues élus du PCF en juillet dernier à l’Assemblée Nationale