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  • Avis aux amateurs: Zegou Seli est de retour ...

    Les Naïvoiriens  qui s'étaient réchauffé le moral  cet hiver en dégustant les "contes et légendes de golfie"  de Zegou Seli (http://golfie.over-blog.com/ ) ont des raisons de se réjouir. Zegou Seli a repris la plume et nous propose dans Le Nouveau Courrier, une chronique intitulée " La naiveté en 40 leçons,(reproduite ici avec l'aimable autorisation du journal).

    On espère que c'est la première d'une série de quarante  ...

    Saper Aude

    LA NAIVETE en 40 LEcONS
    Par Zegou Seli
    LES BETES SAUVAGES ONT VOTE
    Il est des mots lourds à prononcer.   
    Mais la légèreté ou la convenance en
    politique veulent qu’après le rituel de la campagne de sensibilisation budgéti- vore, les chants sur la paix retrouvée, le discours du Chef et les accolades télévi- suelles, l’on puisse proclamer «Tout va bien maintenant» ! Naiveté, quand tu nous tiens ! Il est douloureux de dire «J’ai été naif». Pourtant la posologie de la trithérapie offerte par les vainqueurs - dialogue, vérité et réconciliation - suppose un aveu de sérologie positive. Comme avec le SIDA, on n’en parle pas en se frappant la poitrine. On a honte d’avoir été naif et les paroles pleines de miel sur la «nouvelle Cote d’Ivoire» cachent mal le fiel des rugissements des nouveaux rois de la savane et de la foret. Dans un livre quasi éponyme au titre de cette lecon sur la naiveté, Ahmadou Kourouma parle du vote des betes sau- vages. L’on devine qu’il s’agit d’une astuce de publicité comme savent le faire ceux qui donnent des titres aux bestsel- lers ! Les compétitions électorales s’adressent aux humains et l’on n’a pas idée meme quand on est expert en tech- nologie des suffrages de faire appel aux hyènes, chacals et autres habitants de la sylve. Et pourtant, au pays des Eléphants, lions, panthères et crocodiles ont voté...Depuis, ces électeurs aux mœurs carnassières - noblesse oblige - sont devenus des citadins et les Abidjanais doivent s’habituer à cohabiter avec autres guépards et anacondas. Aurions-nous oublié ? Alors que la faune bruissait de grincements de crocs acérés, les places publiques dans cette partie du pays se remplissaient de «manifestants aux mains nues». Meme les gladiateurs romains auraient réfléchi par deux fois avant de se lancer dans l’arène de cette démocratie cannibale et ce, malgré la pression d’un public majoritairement constitué de hooligans de la Communauté internationale. Mais que voulez-vous, vaguement inspirés par Martin Luther King ou Gandhi, nous croyions que devant cette myriade de patriotes et à cause de l’amour pour la démocratie que nous pretons à tort aux pays dits démocratiques, il y a une limite que l’on ne franchirait pas et que nos for- midables boucliers humains feraient fré- mir cet autre animal cornu. Quand on parle des saisons en Afrique, on ne parle pas de printemps et la presse internationale, qui décide ce qui est bon ou ne l’est pas, n’a jamais voulu voir nos giga-meetings de soutien à la République comme un printemps. Les Arabes ont droit à des éloges quand à Tunis ou à la Place Tarir, des «manifestants aux mains nues» expriment les aspirations pro- fondes de la majorité. Idem pour ceux que les media laudateurs appellent en Grèce ou en Espagne  «les indignés». Mais c’est quoi, un million de personnes à Abidjan ? Pour soutenir quoi ? La République ? Il n’y a pas de République en Cote d’Ivoire. Il n’y a pas à soutenir l’Etat de Cote d’Ivoire ! On est pro- Gbagbo ou pro-Ouattara. Ivoiriens, pour vous pas de printemps, pas d’indignés : il ne vous reste que vos mains nues...
    La naïveté et certaines escroqueries prospèrent sur le terreau du quiproquo et c’est vraisemblablement ce qui nous arrive quand avec les Occidentaux nous nous aventurons à employer des mots auxquels nous ne donnons pas la meme signification. Excusez cette question révélatrice de notre inculture politique mais on va la poser quand meme : c’est quoi la démocratie ?
    Elles étaient émouvantes, les images de ces millions de mains qui s’élevaient vers le ciel pour exorciser le spectre de la guerre. Entre peur et piété œcuménique, nous avons prié avec tous les croyants- en-quelque-chose pour que le clash n’ait pas lieu. Mais s’il avait lieu - Safroulaye ! «que L’Eternel des Armées nous devance, pourfende nos ennemis et fasse triompher son Serviteur».
    Les Naivoiriens que nous sommes savent quand meme qu’à un moment il a été question de couvrir quelque peu ces mains nues. L’air devenait glacial, et l’on entendait enfin les betes sauvages qui dévalaient l’Eburnie dans l’harmattan des premières semaines de l’an fatidique 2011. Et puisque les mains nues ne ser- viraient plus à rien, enfin, enfin et trop tard peut-etre, l’on a lancé le cri de ral- liement pour que jeunes et vieux viennent preter main forte à l’armée de la République que ces autres betes sau- vages, les médias internationaux, s’éver- tuaient à dépecer en l’appelant de tous les noms d’oiseau. Le reste est de l’his- toire ancienne. Eh oui ! Déjà ! Les choses sont allées si vite...
    Les mains nues ont été broyées ou cou- pées. On ne sort pas sans blessures d’une arène de fauves si l’on a le bonheur de vivre. Au plan physique, que de gachis ! Au plan psychologique, quel traumatisme ! Bien sur que les politiques ont commencé la distribution de leur sopori- fique habituel. Nous servant le suppositoire, ils nous murmurent ce qu’ils ne croient pas : «Il n’y a ni vainqueur, ni vaincu». Un proverbe de chez nous parle du chien qui quoique domestique, ne change pas sa position assise. Et les betes sauvages alors ?

    P.S- Je suis naif mais je me soigne («à l’indigénat» comme disent les Abidjanais)

  • Démocratie et « licornocratie »

    Décembre 1960 : le Premier ministre congolais Patrice Lumumba est arrêté puis tué, malgré la présence – ou avec la bénédiction – du contingent ghanéen de casques bleus de l’ONU qui assurait la protection de sa résidence à Léopoldville, actuelle Kinshasa. Avril 2011 : le Président Laurent Gbagbo est arrêté par les Forces spéciales françaises (en renfort à la Licorne et en action sous la bannière de l’ONU) puis remis à son adversaire politique. Destination : la CPI située en Europe. Même si Abidjan n’a pas signé le statut de Rome, l’état de convalescence politico-militaire du pays ne favorise pas un jugement sur place. La jurisprudence Charles Taylor le prouve bien.

    Certes, le parallèle ne rime pas avec la comparaison, mais il est tout de même saisissant. Cinquante ans après les indépendances, on démocratise l’Afrique au canon, comme on l’avait jadis colonisée…au canon. En cravatant, au passage, des hommes politiques de premier plan. Pendant ce temps, on laisse intactes les dictatures de Biélorussie et de Birmanie. Ah ! Si l’Afrique n’était pas orpheline de Nasser, de Sékou Touré, de Ben Bella, de Modibo Keita et de Julius Nyerere, est-ce que Sarkozy oserait ? Giscard avait attendu l’absence de Bokassa, pour déclencher l’opération Barracuda, et installer Dacko. De Gaulle et Foccart n’ont jamais franchi le Rubicon, en envahissant militairement la Guinée, malgré l’affront du Grand Sily et l’attrait des richesses du sous-sol guinéen. Face à une Afrique de l’Ouest affaissée, Nicolas a inventé la « licornocratie ».

    Logique et cohérence de la doctrine de Sarkozy qui juge que le continent noir est insuffisamment entré dans l’Histoire. Ce mois d’avril donne l’occasion d’installer la Côte d’Ivoire dans l’Histoire, par des frappes aériennes. Et des percées de chars. Les démentis de Guillaume Soro sont dérisoires. La France est l’artisan politique, militaire et technique de l’arrestation de Gbagbo. Trente blindés ne font pas de la figuration dans une opération. C’est la vieille division (coloniale) du travail, avec le gendarme français qui pulvérise tout ; suivi de l’auxiliaire, le harki ou le supplétif africain qui assomme ou ligote le frère-gibier.

    Quel épilogue pour un processus électoral, au départ, si bien enclenché ! A l’arrivée, les bulletins de vote ont cédé la place aux balles de fusil. La Côte d’Ivoire a balancé entre la perspective somalienne d’un éternel chaos ; et le scénario angolais qui n’offrirait à Gbagbo que le destin sanglant d’un Jonas Savimbi, défunt chef de l’UNITA. Finalement, la voie médiane a prévalu : l’arrestation de Gbagbo, à l’issue d’une longue boucherie nationale.

    De son côté, Alassane Dramane Ouattara (ADO) est irrémédiablement piégé par la folle accélération des évènements. Elu au suffrage universel, le Président reconnu par la communauté internationale, est porté au pouvoir par la rébellion successivement rebaptisée Forces Nouvelles (FN) puis Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

    Coincé entre l’allié Henri Konan Bédié et le pilier Guillaume Soro, ADO voit sa marge de manœuvre se restreindre durablement. D’office, le futur ex-locataire de l’hôtel du Golf se trouve dans l’incapacité de tenir sa promesse de nommer un Premier ministre issu des rangs du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Paix (RDHP), au vu des circonstances qui rendent Soro très utile et particulièrement précieux.

    A l’échelle du pays, les défis s’amoncellent au fil de la tragédie qui a mis en lambeaux le tissu social d’un pays sociologiquement zébré par une démarcation entre allogènes et autochtones. Une fracture également géographique (Nord-Sud) qui a mué l’adversité politique normalement conviviale, en une confrontation identitaire forcément meurtrière. D’où cette victoire électorale d’Alassane Ouattara qui s’apparente à une victoire à la Pyrrhus.

    Si pour Gbagbo, c’est une lamentable fin de parcours (il aurait dû se suicider ou marcher au devant des balles comme le fondateur de l’UNITA ou le Chilien Salvador Allende) il en va autrement pour Ouattara dont la feuille de route est désormais lestée du poids d’une équation ardue : la réconciliation. Pour un expert chevronné du FMI – sans expérience ni professionnalisme politiques – cette urgence inattendue est titanesque. Car, en effet, 46 % d’Ivoiriens ont officiellement voté pour Gbagbo qui a récolté 60 % des voix dans la capitale où le vote est incontestablement trans-ethnique. Terrible maldonne !

    Du reste, la crise presque décennale de la Côte d’Ivoire (septembre 2002 – avril 2011) s’est constamment nourrie de dés pipés et de cartes biseautées. Des calculs qui ont, aujourd’hui, calciné le pays. La première des cartes biseautées, est la Licorne. En tant que mise en œuvre des accords de défense signés entre Abidjan et Paris (accord officiel d’avril 1961 et clause secrète de février 1962) l’opération militaire de la France porte un nom de code qui en fait d’emblée un chef-d’œuvre d’ambiguïté opérationnelle. La Licorne – animal fabuleux représenté par un corps de cheval portant au front une longue corne (pas deux) torsadée – ne suggère-t-elle pas une démarche équivoque jusqu’à la caricature ?

    On n’est donc pas étonné de voir de voir la France, moduler à l’infini ses interventions, en caressant tout le clavier des options tactiques : interposition, stabilisation, dissuasion et même destruction de l’aviation ivoirienne, en novembre 2004. Bref, tout sauf voler pleinement au secours de l’Etat ivoirien (à ne pas confondre avec le régime de Gbagbo) co-signataire avec l’Etat français, d’un accord de défense et d’une clause secrète non abrogés. Plus habilement encore, Paris a manœuvré au Conseil de sécurité de l’ONU, jusqu’à l’obtention du vote de la résolution 1962, du 21 décembre 2010, qui place les soldats français sous la bannière de l’ONU ; tout en les maintenant sous commandement français.

    Conséquence inconséquente : Licorne qui exécute officiellement un mandat des Nations Unies, n’a jamais été commandée par les Généraux africains qui se sont succédé à la tête des casques bleus : les Sénégalais Pape Khalil Fall et Abdoulaye Fall ; le Béninois Fernand Amoussou et maintenant le Togolais Gnakoudé Béréna. En clair, Licorne est en faux duo avec l’ONU CI, et en vrai solo sur le théâtre des opérations.

    Toujours au chapitre des incohérences onusiennes, on peut relever la nomination d’un officier supérieur du Togo, issu de la Garde prétorienne d’un dictateur (Eyadema) pour piloter une mission de démocratisation de la Côte d’Ivoire. Ridicule et insultant. Ne doit-on pas demander aux pays émetteurs de troupes pour l’ONU, d’exhiber d’abord leur brevet de démocratie ?

    La seconde carte biseautée renvoie au schéma de sortie de crise. En janvier 2003 (déjà) les fameuses négociations de Linas-Marcoussis présidées par le juriste Pierre Mazeaud (conseiller de Chirac) avaient bizarrement recommandé de désarmer simultanément l’armée ivoirienne et la rébellion du Mouvement populaire ivoirien (MPI), première appellation des maquisards de Guillaume Soro. Curieuse façon de mettre sur un pied d’égalité, une armée régulière et une guérilla. « Désarmer l’armée » : une proposition provocatrice qui avait déchaîné, à juste raison, la colère des hystériques patriotes d’Abidjan.

    La troisième carte non moins biseautée est l’Accord politique de Ouagadougou qui a prévu le cantonnement et le désarmement des rebelles. Dans la pratique, on a cantonné sans désarmer. Pire, on a surarmé car la progression fulgurante des rebelles (cantonnés en provinces) jusqu’à Abidjan, a nécessité des équipements filmés et montrés par les télévisions du monde. Ici apparaît l’erreur fatale de Gbagbo qui a accepté, sous fortes pressions, d’aller aux élections avant que l’Etat ivoirien, à travers le gouvernement d’union nationale de Soro Guillaume, ne se soit assuré du contrôle militaire et administratif du Nord du pays.

    D’où cet autre dé pipé qu’a été l’idée d’envoyer l’Ecomog en Côte d’Ivoire. Devant les difficultés insurmontables et les critiques vives, l’Ecomog officiel a cédé la place à l’Ecomog clandestin qui, sous le sigle FRCI, agrègent les rebelles des FN, des éléments burkinabés, des conseillers français et africains. Sans oublier la logistique nigériane. (Lire les informations ultra-secrètes publiées dans « Le canard enchaîné » du 6 avril).

    Mais cette hétéroclite force pro Ouattara a piétiné devant le mur de feu des militaires et des mercenaires de Gbagbo. Un imprévu revers qui a conduit l’ONU et la Licorne – étonnamment immobiles face aux massacres de 300 personnes dans la ville provinciale de Duékoué – à diriger des frappes aériennes et des tirs de blindés sur les défenseurs du Palais présidentiel. Objectif : hâter par les missiles Hot des hélicos et les obus de chars, l’arrivée au pouvoir d’un Président démocratiquement élu. Des accords de défense, on a débouché sur un mandat de destitution via une logique d’ingérence. Le tout au nom de la protection des civils. La Légion Etrangère n’aurait-t-elle pas mieux protégé les civils, en sautant sur Kolwezi, pardon, sur Duékoué ?

    En vérité, l’enjeu ivoirien conditionne beaucoup de lendemains, entrechoque toute une gamme d’intérêts et secrète moult leçons. Depuis la certification des résultats par l’ONU, on répète que la persistance du contentieux hypothèquerait les futures élections en Afrique. L’argument est fallacieux, car les antécédents kenyan et zimbabwéen sont là. Sauf à convenir que lorsque l’ONU s’implique dans un processus électoral, les résultats sont sans appel. En revanche, la vraie leçon est que les marionnettes de la France seront, dès à présent, les vainqueurs tranquilles des scrutins africains. Y compris les moins crédibles comme ceux qui ont porté au pouvoir, Alpha Condé (quatre mois d’intervalle entre les deux tours) et Yayi Boni (quatre cent mille citoyens désireux de voter) mais, méthodiquement omis de la fameuse Liste électorale permanente informatisée dite LEPI.

    Sur un autre plan, des intérêts de taille ont été en compétition. La société angolaise de pétrole Sonangol a acquis 25 % des actions de la Société ivoirienne de raffinage (SIR). Une présence économique qui a pour corollaire, une timide présence militaire. Puisqu’un accord de défense a été signé discrètement à Luanda, en mars 2009, entre le ministre angolais de la Défense, Kundi Pailhama et le conseiller-sécurité de la Présidence ivoirienne, Bertin Kadet. Protocole qui a autorisé l’Angola à dépêcher sur Abidjan, une unité d’élite de 100 hommes commandés par le Colonel Victor Manena. Qu’est devenu ce détachement ?

    A ce télescopage d’intérêts, on peut ajouter, en guise de rappel, le gisement de pétrole de Jacqueville, près de la frontière du Ghana, que le gouvernement du Président Gbagbo a octroyé, en 2005, à la compagnie américaine « Africa Petrole » de Charles Waterman, ancien n° 2 de la CIA en charge justement des questions pétrolières. Evidemment au détriment de la française ELF.

    En définitive, le chaos ivoirien a masqué des marchandages, des micmacs, des négociations et des tractations tous azimuts. Avec des partitions tantôt militaires ; tantôt diplomatiques. A cet égard, on murmure que Nicolas Sarkozy et Jacob Zuma ont scellé un deal sur la Côte d’Ivoire. Un troc diplomatique qui a laissé les coudées franches aux Français ; et assuré – avec l’appui de Paris – le fauteuil de membre permanent du Conseil de sécurité (plus droit de veto) à Pretoria. Le Nigeria trinquera alors ; ainsi que le Sénégal qui avait rompu de façon cavalière ses relations avec Taiwan, dans l’espoir d’un appui décisif de Pékin. Comme quoi, la bataille d’Abidjan a un arrière-plan jonché de cadavres et …de calculs très éloignés de la démocratie.

    Par Babacar Justin Ndiaye Journaliste Politologue

    SOURCE : NETTALI

    lu sur senetoile:12161-par-babacar-justin-ndiaye-journaliste-politologue-cote-divoire-democratie-et-l-licornocratie-r.html

  • Soutien des Antilles françaises à la Côte d'Ivoire


    APPEL AU MEETING DE SOUTIEN AU PEUPLE MARTYR DE COTE D’IVOIRE

    Depuis les lendemains du second tour des élections présidentielles du 28 nov. dernier, l’État français, relayé par la quasi totalité de la presse, écrite (agences, quotidiens, hebdomadaires) et audio-visuelle (journaux-radio, JT, magazines…), privée et publique ont travaillé à persuader l’opinion qu’il se déroulait en Côte d’Ivoire, une “crise post-électorale” due à l’ “entêtement” du “dictateur” Laurent Gbagbo soutenu par sa mystique épouse “adepte d’une secte américaine” de reconnaître sa “défaite électorale” et de céder le pouvoir au “président élu et reconnu par la communauté internationale”, le “démocrate” et expert du FMI que serait M. Alassane Ouattara…
    Depuis les bombardements de sa résidence et le kidnapping de M. Laurent Gbagbo par les soldats français de la Force Licorne et sa livraison aux armées et milices de MM. Ouattara et Soro le 11 avril, la campagne de désinformation se poursuit sur l’œuvre de “pacification” entreprise par M. Alassane Ouattara, son gouverne-ment et son “armée”.
    Que l’État impérialiste français dirigé par M. Sarkozy -dont la réputation d’imposteur dans son propre pays n’est plus à faire comme en témoigne les sondages-, ait travaillé à diaboliser le nationaliste L. Gbagbo et les patriotes ivoiriens qui le soutiennent, pour dérouler sa stratégie de reconquête de l’État post-colonial ivoirien ! nous dirons qu’il est dans son rôle, celui initié par son prédécesseur, M. J. Chirac et son ministre des Affaires étrangères en 2003, M. D. de Villepin.
    Mais que la presse française, comme durant le génocide rwandais de 1994 et les mois qui l’ont précédé, ad-hère dans sa quasi unanimité à cette campagne et se fasse, par son silence sur des faits connus, la complice active du projet néocolonial français ne manque pas de soulever des interrogations, dont celle-ci : qu’est-ce que l’État français et singulièrement la presse affidée ont délibérément choisi de dissimuler à propos de la crise de l’État post-colonial ivoirien dans le but de faire croire à l’opinion, la thèse de la « crise post-électorale » ?
    À cette question nous proposons, sans exclusive, les réponses suivantes :
    •    Que tout a commencé au lendemain de la disparition de M. Félix Houphouët-Boigny, le meilleur servi-teur et garant, durant trois décennies, des intérêts stratégiques de la France dans la sous-région de l’Ouest-africain et au-delà dans la Françafrique ;
    •    Que la sédition des militaires et le coup d’État de 1999 conduit par le général R. Gueï qui écarta du pouvoir néocolonial ivoirien H. Konan Bédié, l’initiateur de la loi sur l’ivoirité, devait installer A. Ouatta-ra, premier ministre (1990-1993) de Félix Houphouët-Boigny, à la tête de l’État ivoirien ;
    •    Qu’au cours des trois années de gouvernement, A. Ouattara a été le chef d’orchestre de la mise en œuvre du plan d’ajustement structurel (PAS) concocté par le Fonds monétaire international (FMI) avec les coupes sombres dans les budgets de l’éducation nationale, de la santé publique, et surtout la privatisation de la distribution de l’eau, de l’énergie électrique… ; partisan du néo-libéralisme dominant, le créateur de la carte de séjour pour les étrangers en Côte d’Ivoire ne dédaigna pas de réprimer en 1992 les manifestations d’étudiants et d’envoyer en prison, L. Gbagbo, l’opposant reconnu de F. Houphouët-Boigny, et son épouse ;
    •    Que lorsque le Gal R. Gueï reconduisit la loi sur l’ivoirité dans la nouvelle constitution de 2000, la France n’y trouva rien à redire ; cette constitution, toujours en vigueur écartait A. Ouattara de la can-didature à la présidence de la république ; et c’est le “dictateur” L. Gbagbo qui, à la demande de Thabo Mbéki, alors médiateur dans le conflit ivoirien, accepta en 2006 l’exception que A. Ouattara puisse présenter sa candidature ;
    •    Que le coup d’État de 2002 visant à renverser L. Gbagbo était conduit par une rébellion approvisionnée par un État voisin, le Burkina Faso, et selon les propos de Ibrahim Coulibaly, chef militaire de la rébel-lion, financé par A. Ouattara ; la diplomatie française se gardera en la circonstance d’appliquer les “accords de défense”… ; au contraire elle impose un cessez le feu qui entérine la partition du pays ;
    •    Que les « accords Kléber » dits de Marcoussis de janv. 2003 légitimèrent la rébellion dont les auteurs seront désignés par D. de Villepin sous l’appellation de “Forces nouvelles” dont les différentes com-posantes seront invitées à entrer au gouvernement “d’union nationale” (cette recette très spécieuse qu’on propose systématiquement aux Africains en attendant qu’ils entrent dans l’histoire…) et à fournir des représentants à la Commission Électorale Indépendante (CEI)… toute chose qui explique que celle-ci restera constituée jusqu’aux élections de 2010 à plus des ¾ de ses effectifs, des parti-sans de M. A. Ouattara ;
    •    Que les accords (Accra II et III, Pretoria, Ouagadougou) qui suivront ceux de Marcoussis retien-dront, tous, le désarmement et le démantèlement des milices, l’unification du territoire national (dont 60% sont occupés par les insurgés) comme deux moments préalables à la tenue des élec-tions…
    •    Que dès janv. 2007, Michel de Bonnecorse, conseiller-Afrique de J. Chirac, sortant d’un entretien avec B. Compaoré, signifiait, l’éventualité d’une tenue des élections sans le désarmement des insurgés (ne sommes-nous pas en Afrique ?…) ; le rapport n° 158 (mai 2010) de « International Crisis Group » qui inspirera la substitution du “casernement” des rebelles armées au principe de leur désarmement tiendra l’exigence de désarmement (et de restauration de la souveraineté de l’État sur le territoire de la Côte d’Ivoire) pour “maximaliste, difficilement acceptable par l’opposition” et devant “être revue à la baisse”…
    •    Que devant l’offensive renouvelée de la France, « puissance intéressée », bénéficiant, en la circons-tance du soutien de l’UE, des USA et des laquais de la Françafrique réunis à la CEDEAO et l’UA, le secrétaire de l’ONU a avalé son devoir de faire respecter les termes des accords, notamment de dé-sarmement des insurgés et milices et de rétablissement de la souveraineté de l’État ivoirien sur son territoire avant la tenue de l’élection…
    Comme le relève M. Thabo Mbéki, premier émissaire de l’UA pour le règlement pacifique de la crise ivoi-rienne, dans une contribution publiée par Foreign Policy, on sait que dans pareilles conditions, en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs, le scrutin ne pouvait offrir aucune garantie de transparence. Mais telle était la volonté de la France, « puissance ô combien intéressée » par le rétablissement de son hégémonie sur la Côte d’Ivoire. Après les hésitations de J. Chirac (2002-2007), N. Sarkozy a retenu que c’est son ami, le sieur A. Ouattara qui doit gouverner la Côte d’Ivoire. Dans la continuité de son prédécesseur, il a su instrumenter la “communauté internationale” pour parvenir à ses fins, avec l bénédiction de ce qu’on continue d’appeler en France la “gauche”. Et la presse l’a suivi. Ne s’agissait-il pas de rétablir et sauvegarder les intérêts de la France…
    Peu importe que cette stratégie de reconquête néocoloniale de la Côte d’Ivoire et la méthode choisie annon-cent un génocide inéluctable des populations livrées à la soldatesque et aux milices de G. Soro et A. Ouattara (FRCI). La Force Licorne et les troupes de l’ONUCI quand elles ne semblent pas ouvrir la voie à l’éradication des mauvais Ivoiriens, « partisans de Gbagbo », jouent les « médecins après la mort ».
    Ainsi, actuellement, et ce depuis la livraison le 11 avril du nationaliste Gbagbo aux troupes de A. Ouattara et G. Soro, cette campagne de terreur (rackets, vols, viols, arrestations et emprisonnements arbitraires, assassi-nats collectifs sur des bases ethniques…) se poursuit dans l’Ouest et le Sud-ouest (Duékoué, Guiglo, Ga-gnoa…), dans le Sud-Est (Bassam, Bonoua,..) à Abidjan (Yopougon…) dans l’indifférence quasi-totale des mé-dias français. Heureusement, il demeure quelques ONG et sites Web pour nous alerter…
    Et dire STOP ! au génocide programmé par l’impérialiste français et ses laquais en Côte d’Ivoire


    VENDREDI 17 juin à 18h30 à POINTE A PITRE : Place des Martyrs devant la Mairie

    Association SURVIE, Association Alliance Afrique-Antilles
    avec le soutien du LKP et ses Composantes syndicales, politiques et culturelles.

     

    lu sur le blog politique de raphael:http://leblogpolitiquederaphael.ivoire-blog.com/

    La manif est passée mais survie guadeloupe a l'air plus éclairée que la majorité de ses soeurs...et Elie Domota a tout compris: