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  • COTE D IVOIRE: UNE INFORMATION SOUS INFLUENCE



    Par MICHEL GALY



    Pour l'Elysée, le Quai d'Orsay et ...la presse française, « Laurent –Gbagbo- doit- partir » et « Alassanne- Ouattara- est- le- président- reconnu- par- la- communauté- internationale »(en particulier, ces « éléments de langage » officiels sont repris en boucle par RFI). Cette étonnante et suspecte unanimité fait problème et on en vient presque à regretter la presse de combat d'Abidjan, où au moins, entre les polémiques des deux camps « bleus » et « verts », le lecteur a le choix!

    LE FORMATAGE DES ESPRITS, DANS LE TEMPS ET L ESPACE

    Dans la durée, cet alignement des médias sur les positions officielles a déjà été fortement critiqué- et toujours a posteriori...Ainsi, en 2004 Daniel Schneidermann, réalisant au jour le jour une insolente et indispensable critique des médias (au point qu'il a été licencié d ' « Arrêt sur images » et de Libération) ironisait déjà, à propos des massacres de civils ivoiriens (à propos d’une presse française « embarquée »-comme en Irak ou en Afghanistan )qu’il fallait trois semaines pour rétablir la vérité, connue sur place, y compris des occidentaux. Pour avoir vu à l’époque des confrères littéralement happés dans les hélicoptères de « Licorne » vers Bouaké, « retour à 16 heures à l'Ivoire », on peut garantir qu'il ne s agit pas que de métaphores...

    Dans le temps... et l'espace. En ce moment la Lybie, hier la Côte d’ Ivoire, autrefois l'Irak. Dans l’urgence, les emballements de la presse se déclinent sur trois axes; unanimité politique, ethnocentrisme franco français, alignement sur des positions militaristes. A vrai dire, ce dernier point résume souvent les précédents: c'est ce que Schneidermann nomme heureusement la « kakisation des esprits », en 2004 comme aujourd'hui!

    Pour autant la presse, enfin toute la presse, n’est pas « aux ordres ». Pas tous et tout le temps en tout cas. Comment s'explique alors cet alignement, si ce n 'est par ces « pré »supposés » que Pierre Bourdieu opposait aux journalistes dans un débat célèbre et un livre stimulant? Ici et maintenant la « fabrique de l’opinion » formate les esprits, sur la Cote d’ Ivoire comme sur d'autres sujets, mais selon des topoï repérables et des processus souvent inconscients. Tout se passe comme si à un moment donné, le courant « mainstream » produisait un consensus idéologico médiatique dont il est alors extrêmement difficile de sortir- et même d' y résister; quitte à ce qu'il vole en éclat quelques mois ou années plus tard, voire s’inverse!

    Est t on si loin de 1984 ? Un social démocrate devient « un dictateur »; un égaliste forcené se retrouverait pris à son atavisme pour redevenir un « guerrier bété »; ou un libéral du Fmi un grand démocrate… Qu'il ait depuis 2002 (comme Foday Sankoh ou Charles Taylor en leur pays) mis la Cote d'ivoire à feu et à sang par rebelles interposés ne compte pas, ne compte plus. Ces soldats perdus ne sont il pas des « rebelles qui sourient », et qu'importe si dans ces guerre nomades ce sont littéralement les mêmes qu’à Monrovia ou Freetown. De toute façon si des exactions et même une violence continue comme « méthode de gouvernement » se produisent au Nord, les journalistes sont au Sud, et dénoncent vertueusement les contre violences causée par le « coup d'Etat permanent » et la déstabilisation continue. Et alors ? « La guerre c'est la paix », comme le savaient déjà les héros de Orwell- et notre presse forcément libre et objective est composée de journalistes héros, intègres et clairvoyants !

    Pour la Boétie déjà, l'énigme du pouvoir était déjà non la sujétion au Prince, mais le plaisir, voire le désir des sujets à se soumettre…

    UNE PRESSE AFRICANISTE EN QUESTION

    A l'occasion du printemps arabe, un certain nombre de désinformateurs ont été pris la main dans le sac; patrons d’hebdomadaires « africains », directeurs de « revues » pan arabes ont du reconnaître qu'ils étaient redevables aux dictateurs Moubarak, à M. Ben Ali – et pas que moralement! Les mêmes ou d’autres écrivent des dossiers systématiquement favorables à M. Ouattara, qui a toujours su traiter les journalistes et les directeurs d'organes de presse – et pas qu'en tenant table ouverte à Paris, Mougins ou Abidjan!

    Dans ce contexte de corruption des esprits généralisée, se posent des interrogations sur la « presse Rothschild » - pour inverser le stigmate que ses « experts » ont publiquement affiché sur la « presse Bolloré », jugée par eux non pas tant favorable à Laurent Gbagbo que trop tiède dans ses condamnations.

    Dans les années 90 le journaliste Stephen Smith, successivement responsable Afrique à Libération, puis au Monde, a mené une campagne acharnée contre Laurent Gbagbo et en faveur de Alassane Ouattara; dénoncé par les intellectuels africains pour ses écrits méprisants, il fut un temps soutenu par des politologues africanistes qui lui ouvrirent ses colonnes. Mais l’étonnant est sa filiation aujourd'hui:des trois grands quotidiens français, le Figaro est certainement le plus modéré dans son approche du conflit ivoirien

    La politique éditoriale de ce journal est décidément univoque et intrigue les observateurs: refus de tribunes critiques envers le rôle de boute feu de M. Outtarra, procédés militants dans le traitement de l'information, attaques ad hominem et amalgames. Pour avoir été victime médiatique de ces « traitements », on peut retourner la question du pourquoi de ces attitudes:quel intérêt, quels intérêts à poursuivre année après année une campagne pro Ouattara?

    Quand dans un procédé digne d'époques que l'on croyait révolue (procédés typique de la presse factieuse d’entre deux guerre) on amalgame hommes d'affaires et intellectuels, politiques et militants, pour les dénoncer coram populo, on doit s’attendre à rendre des comptes.
    Sans être des admirateurs sans faille de Roland Dumas et de Jacques Verges, l'un ancien ministre des affaires étrangères et président du Conseil Constitutionnel, l’ autre brillant et inlassable avocat « de rupture » depuis la guerre d'Algérie; est il inadmissible de traiter leur séjour à Abidjan comme « les deux grigous de Gbagbo »: on atteint là des sommets d'une certaine ignominie médiatique...Liste noires et insultes dépassent les bornes de la déontologie ordinaire des journaliste:qu’ il y a t-il d' autre?

    LA RHETORIQUE DE LA DESINFORMATION

    La désinformation n'est pas un discours intellectuellement construit: c'est une série de pratiques plus ou moins visibles (plus ou moins conscientes d'ailleurs dans ses effets de falsification, répétition et mimesis), articulée dans une rhétorique d’inversion ou de déplacement.

    On a fait allusion à une « politique de l'information » qui va de la ligne plus ou moins explicite d'un organe de presse, s’inscrivant dans un champ médiatique, dominé à un moment donné par une idéologie consensuelle. Cette politique se décline dans le nombre des papiers et leur place, envoi(ou non) d' envoyés spéciaux( et leurs pratiques de terrain), l'acceptation ou le refus de tribunes ou d'entretiens extérieurs, les analyses « maison » des événements culminant dans des éditoriaux parfois signés, souvent courageusement anonymes...

    Le recyclage des acteurs, intellectuels ou journalistes étrangers constituent une tactique de choix dans la propagande de masse, à laquelle la blogosphère n'échappe pas ; suffit - il, comme Venance Konan d'être une « bonne plume » ivoirienne par exemple, pour pouvoir écrire n'importe quoi (et faire oublier son passé de chantre de l'ivoirité et son militantisme actuel pro Ouattara) ? Loin de tout devoir de réserve (les amis du Prince, réfugiés ou étrangers n 'y sont bien sur pas tenus !) on peut de permettre ainsi d'user des procédés les plus classiques de l’extrémisme, voire du fascisme: tribune ignoble sur le physique ou la vie privée du « dictateur » dénoncé ; lettre collective dans Le Monde un jour, personnelle dans Libération le lendemain- toujours dans des termes où l’insulte ne cède qu’à l’outrance.

    Le sommet a sans doute été atteint en reprochant à Laurent Gbagbo la responsabilité de la guerre urbaine d'Abidjan : tous les observateurs savent que le « commando invisible » d'Abobo vient de la rébellion et de la mouvance Ouattara. Ou encore d'indexer les morts civils de 2000 qui affrontèrent les militaires soutenant le putschiste R. Gueï, se faisant massacrer pour un régime civil et le respect des élections ; ici l'ironie n'est plus de mise: attribuer les victimes du général Gueï à Laurent Gbagbo est ignoble et digne des procédés de Goebbels: plus c'est gros , plus ça passe!Tout comme un quarteron de chercheurs sous influence, ayant en commun de ne pas avoir connu la Cote d'Ivoire depuis 10 ans, recyclent l' ivoirité ou attribuent ce faux concept, « l'ethnocratie »...à celui qui a un électorat multiethnique! La responsabilité dans ces cas est partagée entre les auteurs et ceux qui laissent passer ces textes: à supposer que la presse se relise, dans quelques années, le rôle des rédactions n'en sortira pas grandie.

    Les procédés de désinformation sont légion, et l’ignorance du terrain ne saurait les résumer. Certains sont conscients et servent de marqueur , de repérage dans le champ médiatique: ainsi entendre un « expert » journaliste évoquer sciemment 2004 en déplorant les 10 morts et les 30 blessés de l'armée française à Bouaké sans citer les 60 morts et plus de 1000 blessés ivoiriens semble significatif .Plus récemment, dans les pseudo débats télévisées(on pense par exemple à un débat de « spécialistes » à 100% ouattariste: si la conversation manquait de diversité, le forum en ligne était plutôt animé, ayant sans mal remarqué le procédé…), le fait de citer le Conseil constitutionnel ivoirien constitué de pro Gbagbo (sans d ailleurs faire référence à l'identique situation française) sans mettre en regard la composition de la CEI à plus des deux tiers pro Ouattara parait un marqueur évident de partis pris tout à fait voulus.

    Les procédés d’inversion, plus scandaleux, ne manquent pas: on se souvient de J. Chirac- lui qui a 2004 sur la conscience, traitant L. Gbagbo de ... « fasciste »! On a pu récemment entendre des journalistes prendre les commandos d'Abobo pour le « soulèvement du peuple » ou la « désertion de l'armée ivoirienne ».

    La diabolisation de l’adversaire se fait par calomnies successives, procédant de l’inversion systématique, ou du déplacement victimaire : tactiques langagière courante chez les promoteurs de génocide, si l’on en croit les analyses de Jacques Semelin.

    Tout ne ressort pas cependant d'une diabolique volonté de désinformation, de la corruption des esprits ou d'une obéissance à des rédactions inféodées: même si cela existe et si l'Afrique, depuis longtemps, a servi de miroir déformant à nos turpitudes. Notons au passage ce que l’on pourrait nommer le « rendement décroissant de l’information », qu’il faudrait approfondir : de la télévision, à la radio et à la presse écrite occidentale, la désinformation régresse, ou se fait moins flagrante ; d'autres ont pu travailler bien mieux sur les procédés de « construction » audiovisuelle, qui concerne aussi les réseaux sociaux ou les blocs (comme la fiction, bien écrite et entièrement inventée, du décès de Ouattara au Val de Grâce).

    Beaucoup vient, au delà de l’ethos (qui n’est pas qu'une absence d’éthique ou de déontologie!), d'un certain habitus journalistique: pour en avoir partagé quelques épisodes au plus fort des évènements de décembre et janvier, on peut assurer de l'intérêt d'une recherche anthropologique sur le journalisme occidental à Abidjan...

    Ni presse locale, ni profondeur historique, ni éclairage socioanthropologique : faute de mise en perspective, les journalistes occidentaux interagissent sur le terrain, vivant dans un monde d’ auto- référencement ; leur dépendance avec des « fixeurs » autoproclamés n’en est que plus flagrante, et parfois pitoyable ; demi journalistes, demi informateurs fonctionnant eux aussi en réseaux (d’ ailleurs très majoritairement pro Ouattara), ces derniers fonctionnent eux aussi en réseaux et jouent un rôle aussi important dans la désinformation que dans l’information.

    Il est vrai que le milieu politique est pré- structuré, dans une inégalité flagrante devant les attentes, collaboration ou refus avec la presse occidentale ; globalement tenus pour des ennemis virtuels par le camp Gbagbo - avare de contacts et de données, les journalistes venus d’Europe sont accueillis à bras ouverts… et désinformés à proportion par le camp Ouattara… depuis 2002 ! Ce sont d’ ailleurs les supplétifs , on veut bien croire involontaires, de la rébellion : quand au mythe du « smiling rebel »de 2002, correspond celui du « commandant du Vent », chef du commando invisible de 2011 ; et qu’importe si ce sont les mêmes guerriers nomades ayant mis à feu et à sang Liberia , Sierra Leone et Nord de la Cote d’Ivoire, qui s’ apprêtent à des massacres de masse à Abidjan et dans le Sud : ce n’est que trop tard que les mêmes s’apercevront que le sourire n’était qu’ un rictus complaisant et que le vent d’Abobo ne charriait que l’odeur des cadavres. Aucun mea culpa à attendre de ce que Sartre nommait les « belles âmes », ces idiots utiles de la sanglante Histoire à venir. « On ne savait pas… » diront ils- comme toujours. Pour autant, à écrire une prose éphémère, faut-il encore qu’elle soit irresponsable ?

    source:
    cote-ivoire-information-sous-influence

  • Côte d'Ivoire : "une lutte à mort se profile"

    Les forces du président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, ont atteint, mercredi 30 mars, la capitale politique du pays, Yamoussoukro, mais Laurent Gbagbo, de plus en plus isolé, continue de s'accrocher au pouvoir. Michel Galy, chercheur au Centre d'études des conflits à Paris et spécialiste de la Côte d'Ivoire, craint que "le scénario de la lutte à mort" ne l'emporte.

    Comment analysez-vous la stratégie des pro-Ouattara ?

    Ils mènent à la fois une guerre de conquête et de déstabilisation. L'offensive des forces républicaines vers l'ouest du pays, et la récente prise de la ville de Duékoué, est l'aboutissement de la poussée amorcée par la rébellion des Forces nouvelles en 2002 [menée par Guillaume Soro et établie dans le nord du territoire].

    Cette avancée militaire se double d'une stratégie de déstabilisation dans la capitale. Les pro-Ouattara visent directement les infrastructures économiques de l'Etat. Le port par lequel transitent les exportations de cacao est particulièrement touché parce que c'est une source de revenus considérable pour le régime. Les partisans de Ouattara qui contrôlent également les transports paralysent la capitale en multipliant les grèves. La radio-télévision est aussi une cible.

    Mais il faut prendre en compte un autre paramètre : la dimension ethnorégionale de ce conflit. Les sudistes perçoivent en effet l'avancée des Forces républicaines de Côte d'Ivoire [pro-Ouattara] comme l'ultime poussée vers le sud des dyoulas – un terme qui désigne les personnes originaires du nord de la Côte d'Ivoire et les étrangers migrants venus du Sahel, notamment des Maliens et des Burkinabés. Ces dyoulas représentent la moitié de la population d'Abidjan et une part importante de celle de la ville de Daola. Ils sont très implantés dans le monde agricole, notamment dans la zone forestière.

    Le camp Gbagbo a-t-il encore les moyens de lutter ?

    Le président sortant est de plus en plus isolé à l'intérieur et à l'extérieur du pays [l'Afrique du Sud et l'Angola qui le soutenaient se sont finalement ralliés à son rival], mais il garde en main des cartes importantes. Il ne faut pas oublier qu'il conserve le soutien d'une grande partie de la population. A Abidjan, et plus particulièrement dans le quartier de Yopougon, le pouvoir a d'ores et déjà réussi à enrôler des civil pour combattre à ses côtés.

    Ceux qui se sont ralliés l'ont fait par idéologie – n'oublions pas que 54 % des habitants de la capitale ont voté pour Laurent Gbagbo –, mais aussi parce qu'ils se sentent physiquement menacés par l'arrivée des pro-Ouattara. Des civils des campagnes, notamment en pays bété, dont est originaire Gbagbo, pourraient également prendre les armes. Par ailleurs, le camp Gbagbo dispose d'avions et de tanks qui n'ont pas encore été utilisés.
    Les affrontements dans la capitale pourraient-t-ils tourner à la guérilla urbaine généralisée ?

    On peut le craindre. Le fameux "commando invisible" qui agit dans les quartier d'Abobo et d'Anyama pour le compte d'Alassane Ouattara adopte déjà des techniques de guérilla. L'armée, elle, tire à l'arme lourde sur la population. Mais la donne pourrait changer avec l'enrôlement des civils aux côtés des jeunes "patriotes" chauffés à blanc par la presse et la radio-télévision favorables au président sortant. Le scénario d'une lutte à mort se profile entre chaque camp. Pour y échapper, les Abidjanais votent avec leurs pieds. La capitale se vide. Je connais plusieurs familles qui sont reparties au village ou ont fui vers le Liberia et le Ghana.

    Quel rôle jouent les miliciens libériens dans le conflit ?

    Ils servent de supplétifs dans les deux camps. Ce sont des guerriers nomades qui se vendent au plus offrant, des gens qui ont parfois participé aux guerres civiles meurtrières qui ont déchiré le Liberia et la Sierra Leone dans les années 1990 . Même s'ils appuient l'une ou l'autre partie en Côte d'Ivoire, ils restent assez autonomes.

    L'équipe d'Alassane Ouattara a récemment engagé des négociations avec le Liberia pour permettre leur retour sans encombre vers leur pays d'origine s'ils cessent les combats. Mais certains témoignages font déjà état de massacres commis dans l'Ouest. Beaucoup craignent que ces groupes armés ne s'autonomisent et déstabilisent encore plus la région.

    Une sortie de crise pacifique est-elle encore envisageable ?

    Il y a quatre hypothèses. La plus optimiste repose sur la mise en place d'une négociation entre les deux camps qui permettrait à Alassane Ouattara de prendre le pouvoir en ménageant le camp du président sortant, permettant à ce dernier de rester ou de partir en exil à l'étranger.

    Une autre option consiste à promouvoir un partage du pouvoir et l'émergence d'un troisième homme, comme Seydou Diara ou Charles Konan Banny, chargé de préparer la transition. On peut aussi imaginer une réaction du camp Gbagbo. C'est la troisième hypothèse. Enfin, dans le pire des scénarios possibles, le conflit dégénérera en massacre de masse à Abidjan.
    Propos recueillis par Elise Barthet

    Source: le monde
    cote-d-ivoire-une-lutte-a-mort-se-profile_1500606_3212.html#ens_id=1476585

  • Guerre totale, guerre psychologique

    Les « victoires » militaires des rebelles sont plus psychologiques que réelles

    Les rebelles qui tirent sur l’ONUCI, la force qui les arme, les entraîne et les appuient dans les combats ? La tactique engagée par les rebelles, les terroristes, les mercenaires et les forces ONUCI et Licorne qui combattent à leurs cotés est d’obtenir des défections au sein des forces armées nationales afin de briser l’imprenable mur de résistance qu’ils rencontrent dans leur ambition d’ouvrir un couloir pour contrôler le port de San Pedro. Ouattara le fait au prix de lourdes pertes humaines, d’après nos sources du front. Poursuivre sur cette voie suicidaire pour ses terroristes montre bien qu’il joue ses dernières cartes.
    Ndzana Seme
    BALTIMORE 03/29/2011 – Une information circule actuellement en boucle à travers les media internationaux de la « communauté internationale » selon laquelle un « hélicoptère de la Mission de l`ONU en Côte d`Ivoire (Onuci) “a essuyé des tirs” des forces soutenant le président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara ».
    Le but évident de cette information fausse est de laisser croire au public, mais surtout aux 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, que les forces de l’ONUCI, qui sont reconnues, avec une multitude de preuves à l’appui, comme les forces qui arment, entraînent et appuient les rebelles et mercenaires au service d’Alassane Ouattara, dont clairement impartiales, seraient partiales parce qu’elles auraient été attaquées par ces mêmes rebelles.
    Mais le premier objectif de cette information, qui nous rappelle la fameuse fausse accusation de la France en 2004 selon laquelle l’armée de Côte d’Ivoire aurait tué 9 soldats français de Licorne (des morts montrés nulle part) pour justifier sa destruction 15 minutes plus tard de la flotte aérienne de l’armée nationale, est de provoquer des défections dans les rangs des soldats loyalistes et patriotes qui croiraient que les rebelles seraient entrain de gagner et n’ont plus besoin de l’ONUCI.

    La suite sur:
    ?p=1201

    Et pour reprendre un peu de douceur dans ce monde de brutes , rien de tel qu'un peu de musique.