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  • Appel d’intellectuels contre une intervention militaire en Côte d’Ivoire

    « Profondément convaincus qu'une intervention militaire en Côte d'Ivoire serait de nature à aggraver une situation qui est suffisamment tragique, et plongera à coup sûr le pays et la sous- région dans la tourmente, les signataires de la présente lettre ouverte en appellent aux opinions publiques de toutes les nations et aux gouvernements de tous les pays épris de démocratie, de paix et de liberté, afin d'enrayer la menace de guerre qui plane sur ce pays.

    Dans le cas hypothétique où en dépit du bon sens et après une dizaine d'années de crise armée et de partition, la menace d'intervention armée serait mise à exécution -peu importe par une force impérialiste étrangère classique ou par une coalition africaine- celle-ci ne serait guère que le premier acte d'un enchaînement de violences, de carnages et de massacres appelé à bouleverser l'Afrique de l'Ouest toute entière. C'est la raison pour laquelle nous, intellectuels africains et occidentaux, sommes fondés de dire “ Non ! ” à toutes les logiques médiatiques, militaires et politiques qui conduiront à coup sûr une nouvelle fois à un désastre en Afrique .

    Cinquante ans après les Indépendances, faut- il ajouter un nouveau corps expéditionnaire aux 1000 hommes de la force Licorne française, et aux 9OOO de l'ONUCI ? On n'ose imaginer une intervention française directe, comme en 2004, qui mettrait en danger les 15000 ressortissants français de Côte d'Ivoire : les gouvernants actuels, à Paris, en seront tenus personnellement responsables !

    A-t-on besoin de “ nouveaux tirailleurs ” ouest africains, quant on sait que la plupart de ces pays sont- comme les instances internationales- qu'il s'agisse de l'ONU ou des organisations africaines - perméables aux manipulations de Paris, de Washington ou de quelque puissance extérieure ? Quant les désastreuses interventions de l'ECOMOG, bras armé de la CEDEAO, se sont traduites au Libéria et en Sierra Leone par des massacres de civils et des pillages en tout genre, sans parler de l'expérience tragique des Casques bleus de l'ONU au Congo de Patrice Lumumba en 1960 ? On en connaît hélas la suite !

    L'histoire de l'Afrique de l'Ouest et de la Côte d'Ivoire montre qu'une telle intervention à Abidjan se traduirait par une résistance civile et des actions sanglantes devant une armée d'occupation ; puis certainement des massacres urbains entre ivoiriens et étrangers, qui gagnerait l'ensemble du territoire dans des combats fratricides : l'horreur du Rwanda devrait elle recommencer sous nos yeux par l'irresponsabilité illimitée des marchands de canons et des impérialismes d'un autre âge ? Pour nous, c'est clair : ni l'intervention militaire ni la guerre civile et les bains de sang prévisibles ne constituent des fatalités en Côte d'Ivoire ou ailleurs.

    Une autre issue est possible, en effet, pour les démocrates qui mesurent de manière lucide et responsable les enjeux de principes de Liberté, de démocratie et d'éthique dont se charge la crise ivoirienne, et les rares intellectuels qui n'ont pas peur de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de leur propre conscience d'abord, ensuite vis-à-vis des autres. Il est donc question, ici et maintenant, d'aller à contre- courant du lynchage médiatique de la Côte d'Ivoire et des appels au meurtre des va-t-en guerre et des boutefeux, et s'engager résolument pour la Paix et non pour la Guerre !

    Dès lors, aucune initiative ne devrait être négligée ni dénigrée, encore moins suspectée. C'est la raison pour laquelle nous appuyons inconditionnellement tous les pas pratiques en direction du dialogue et de l'apaisement en Côte d'Ivoire. Depuis les propositions et les formules des médiateurs extérieurs pour des négociations directes et/ou indirectes entre les principaux protagonistes, jusqu'aux interventions des artistes et des écrivains, des poètes et des musiciens, des Eglises et mouvements religieux ; des autorités traditionnelles et coutumières, des Organisations des droits de l'homme et de la société civile, etc., sans oublier les actions des parlementaires et sénateurs, des syndicalistes et des associations civiles et professionnelles des villes et des campagnes, de l'industrie et du
    commerce, des cadres, de professeurs d'Université, des avocats et professions libérales, pour ne citer que ceux-là. Toutes ces formes de pacification doivent être essayées et encouragées !

    Intellectuels et artistes, hommes de culture et de science d'Afrique, d'Occident et du Monde, mobilisons-nous pour inventer une solution pacifique à la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, refusons les prétextes aux ingérences et interventions extérieures ! »

    Premiers signataires :

    ALBERT BOURGI (Professeur de Droit, Paris), MALICK NDIAYE, (Sociologue, Université Cheikh Anta Diop de Dakar), MICHEL GALY (Politologue, Paris), DENIS PRYEN (éditeur, Directeur Général de L’Harmattan,Paris) AMINATA DRAMANE TRAORE(écrivain – Bamako) ;GUY LABERTIT(ancien délégué Afrique du PS, Vitry) ;JEAN ZIEGLER (Sociologue, Suisse),  TIENDREBEOGO NORBERT MICHEL(député, Burkina Faso), ,CALIXTHE BEYALA (écrivain, Paris),LILIANE BRIDJI(journaliste, Abidjan), Angèle GNONSOA(historienne,Abidjan) ; FRANCOISE CAUJOLLE (philosophe, Toulouse), Christian M. ZOHOCON ( président  des « amis de Présence Africaine », Grenoble) THEOPHILE KOUAMOUO (journaliste, Abidjan), DIDIER MAGNIN( Thorens Glières ) ,AMATH DANSOKHO( Journaliste, secrétaire général du PIT, Dakar ;MELISSA Félicité GNAORE(artiste, Abidjan) ; Professeur ABEJE BERHANU ( University of Addis-Ababa, Ethiopie )  ;AYALA BAKABA (Productrice de cinéma, Abidjan) ;   Dominique BANGOURA( Politologue, Sorbonne );  Paris ; Me Patricia HAMZA( Avocate, Abidjan) ;   Paulin DJITE( chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques, Sydney, Australie) ; Professeur Laure Clémence CAPO-CHICHI( Université d’Abomey -Calavi, Cotonou );ALAIN MITTOU( historien, Toulouse) ; Dr. Samuel HAKIZIMANA( Rwanda ); Charles S. AKIBODE( historien, Praia, Cap-Vert) ; VABER DOUHOURE (metteur en scène franco-ivoirien , Grenoble), KARINE BALLON (documentaliste, Grenoble ,) Professeur Essé AMOUZOU( Togo) ; Yves LODONOU( Journaliste, Togo) ;  Prof Benoît Awaza Mbambi KUNGUA( Cameroun );HERVE PENOT(journaliste, Paris) ; Me TAPI Sylvain(avocat,  Bruxelles) ; M.  MILANDOU Gérard(président UFR, Congo Brazzaville ); Jean-Pierre KESANDE(A.i.p.e Lumumba, R D Congo) ; François MANGA-AKOA,( Analyste politique, Cameroun) ;  Vincent Maillot( artiste de cirque, Réunion), Francis Mangle(avocat à la cour,Abidjan) ; GNAHOUA G. Ambroise( juriste, Dakar,  Sénégal) ; ZIGUELE Martin ( Consultant, Bangui ,RCA) ; ARTIGUELONGUE Michèle  (sociologue , Toulouse) ; BEATRICE TRAORE(doctorante en communication, Bordeaux), ADIKO MARCELLINE(ethnobotaniste, Abidjan) ; ALEXANDRE BAÏRO( juriste, Abidjan) ; ETIENNE TRAORE (enseignant à l’ Université , Député à l'Assemblée Nationale, Ouagadougou) ;Jean Marie Teno(cinéaste, Cameroun) ;;Jacqueline ANDOCHE(anthropologue , St Denis de la Réunion) ; Professeur J. LO BIANCO ( Australian Academy of the Humanities, The University of Melbourne, Australie ) ; FLORA MERCIER(enseignante, Voray sur l'Ognon) ; IBRAHIMA NDIAYE( Ingénieur,  Prague).PASCALE MOURAIN ( Citoyenne, Grenoble), EVARISTE FOPOUSSI FOTSO ( Ancien Député   et Conseil fiscal  Douala Cameroun ), LEOPOLD GNININVI ( professeur d'université, TOGO),PATRICK ANGES GOGOGNON ( Étudiant  en  bioéthique, Montréal -Québec), ANNIE TUFFI ( sans emploi ,Perpignan), SALOUM CISSOKHO (immigré sénégalais en France, Militant du Parti de l'Indépendance et du Travail P.I.T.-SENEGAL), ALY NDIAYE  ( journaliste, Paris), WADJA GUY BABYLAS (Ingénieur des ressources humaines, coordinateur national chargé du développement et de la gestion des volontaires de la Croix Rouge de Côte d'ivoire),TIAXCALA, le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique, MEZIAN TANOE  (Analyste en Informatique de gestion. Citoyen Canadien, grand Bassam cote d’ivoire), Dr MODIBO DIAGOURAGA ( Philosophe politique  et historien  Franco Malien),IBRAHIMA FATY ( Avocat à la Cour,75016 PARIS), ADJO GUEBI NOEL ( Enseignant-Chercheur, Maitre de conférences, Université de Bouaké à Abidjan , Abidjan  Côte d'Ivoire), CHRISTIANE RORATO ( Réalisatrice, Paris), Alain TOH (Sociologue, Stagiaire postdoctoral  Canada),  Prof. ROCHYAO GNABELI ( Sociologue,Université de Cocody Abidjan), BABO ALFRED (Sociologue, Enseignant-chercheur, Abidjan), RAPAHAEL SARR (Professeur de Géologie, Faculté des Sciences et Techniques Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal),FATOU N'DIAYE-MAHINE (Ancienne fonctionnaire internationale) , TRAORE AMADOU (chef d'entreprise en thermodynamique, Strasbourg),MAUD GAUQUELIN (Anthropologue, Paris), MOURET Véronique (Infirmière, PAU), Guy MARTIN(Professeur de science politique, Winston-Salem State University, Caroline du Nord-Etats-Unis d'Amerique),, GEORGES NZONGOLA-NTALAJA ( Professor of African Studies, Department of African and Afro-American Studies, University of North Carolina at Chapel Hill) ,AUGUSTIN  KALENGA MADYONDO  (Prêtre en Belgique), JEAN-PIERRE MBIANDA  (employé de banque,Zurich – Suisse ) ESTELLE BRETHEAU,( Secrétaire de direction, Grenoble)

     

     

    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=actualite&sr=8

  • Toucher les coeurs

    l'heure est au pire.Modestement il nous faut toucher les coeurs et être entendus par les journalistes et les puissants de ce monde pour éviter l'irréparable.le scénario se déroule sous nos yeux impuissants heure après heure.

    Quand on a lu les témoignages de deux femmes magnifiques rescapées du rwanda (Mmes Mukagazana et Mujawayo) , quand on a lu les grands journalistes qui ont travaillé et écrit sur le sujet ( messieurs  De St Exupery et Hatzfeld, Madame Braeckman) , quand on a compris que le modus opérandi qui a prévalu là bas est en place , il nous faut appeler à l'aide, humblement. de toutes nos forces . Il faut aussi raison garder et parler de l'humain à l'humain. Car les puissants sont, nous voulons le croire,  encore des humains.

    Il faut ouvrir les yeux, les nôtres , les vôtres, les leurs , ne pas céder à la peur ni à l'aveuglement.S'asseoir, demander pardon et implorer dieu. et les ancêtres . si Dieu l existe , qu'il se manifeste très vite.Mon dieu, nous entendez vous ?

    Toutes nos pensées et nos prières vont à  notre famille ,à nos amis ivoiriens, à leurs voisins, aux amis de leurs amis, aux mères, aux  enfants, aux  gens du nord, du sud, de l'est et de l'ouest.

    Aux grands, aux petits, à ceux des quartiers pauvres, à ceux des quartiers riches , à la classe moyenne.

    Dieu faites qu'ils soient préservés d'eux mêmes  et de l'exterieur.

     Faites que plus une goutte de sang ne soit versé.

    Faites que les âmes éclairées se mettent en oeuvre pour la paix, car cela devient une question d'équilibre et de diplomatie à tous les niveaux .

    Faites que l'information circule pour préserver ce qu'il reste d'humanité dans ce beau pays d'Eburnie, dans la sous région et sur le continent d'Afrique. Séchez les pleurs des mères qui n'ont que trop coulé. Arrêtez  les larmes qui se massent dans notre gorge.Chassez la peur.Tout cela est insupportable.

    On avait dit "plus jamais ça!!". Alors de grâce " plus jamais ça!", ni ici, ni ailleurs.  Il reste encore de la place pour le dialogue, il reste encore de la place pour la paix. 

    Nous voulons encore le croire

     

     

     

  • Côte d’Ivoire: les dangers d’une aventure militaire/colette braeckman 22 12

     

    L’étau financier se resserre, une pression militaire se dessine

    L’étau se resserre sur la Côte d’Ivoire, où tout indique qu’avant d’envisager une phase plus « musclée », la communauté internationale entend d’abord mettre la pression sur le plan financier afin de faire fléchir Laurent Gbagbo. En effet, au sortir d’un entretien avec le président Sarkozy, le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick a confirmé que tous les financements destinés à la Côte d’Ivoire avaient été gelés. Selon lui, il en va de même avec les autres institutions financières africaines comme l’UMOA (Union économique et monétaire ouest africaine) et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. (CEDEAO) Ces pressions financières, qui représentent l’arme principale d’Alassane Ouattara, reconnu vainqueur des élections, pourraient assécher les finances du régime et l’empêcher de payer les soldes des fonctionnaires et des militaires, érodant du même coup la fidélité des agents de l’Etat à l’égard du président sortant.
    Ces pressions économiques n’ébranlent cependant pas Alain Toussaint, le conseiller en communication du président Gbagbo, qui était de passage à Bruxelles. Sans autres précisions, il souligne que « la Côte d’Ivoire compte encore des amis » et, soulignant les nombreuses irrégularités qui ont marqué la proclamation de la victoire de Ouattara par la Commission électorale indépendante, il assure que « communauté internationale s’est emballée trop vite ». Arc’ bouté sur la décision du Conseil Constitutionnel (une institution aussi importante en Côte d’Ivoire qu’aux Etats Unis la Cour suprême), qui s’est prononcé en faveur du président sortant, Alain Toussaint relève que Gbagbo, reprenant l’initiative, a appelé son rival Ouattara au téléphone, lui adressant des offres de négociation, mais refusant absolument de céder le pouvoir.
    Au delà des pressions politiques et des menaces financières, d’autres perspectives se dessinent, contre lesquelles les pro-Ggagbo mettent en garde leurs adversaires. Il apparaît en effet que des pays frontaliers, membres de la CEDEAO, masseraient des troupes aux frontières afin de faire leur jonction avec les «Forces nouvelles » qui soutiennent Ouattara, occupent la partie nord du pays et n’ont jamais désarmé en dépit des accords conclu avant les élections.
    Selon le quotidien « la Croix » la mise sur pied d’une force d’intervention africaine, appuyée par les Forces nouvelles, pourrait recevoir l’appui logistique d’armées occidentales, française et américaine. Elle pourrait aussi compter sur le soutien des 900 militaires français de la force Licorne et des 9000 Casques bleus de l’Organisation des Nations unies en Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs dans cette perspective que M. Gbagbo avait demandé, en vain, le retrait des forces étrangères présentes dans le pays.
    Alain Toussaint, en tournée d’explication en Europe, met en garde contre ce qu’il appelle une « aventure militaire » : « comment peut on qualifier de « neutres » les hommes du président du Nigeria, Goodluck Jonathan, qui a personnellement contribué au financement de la campagne de Ouattara, les Sénégalais dont le président Abdoulaye Wade est un ami personnel d’ADO (initiales de Ouattara) ou les Burbinabé, dont le président Blaise Compaoré fut le parrain de la rébellion de 2002 ? Dans un pays où un tiers de la population est d’origine étrangère, l’intervention de troupes africaines pourrait s’avérer très négative pour les ressortissants de ces pays qui vivent chez nous… »
    Dénonçant le complot ourdi par la France, les Etats Unis et la «communauté internationale » tout entière contre la Côte d’Ivoire, Alain Toussaint dénonce un « hold up électoral », un « diktat » qui, selon lui, ne sera guère suivi d’effets…