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  • Pierre est parti.

    L’hommage de Sébastien Jumel à « l’ami » Pierre Varbraeken

    Homme de culture et de lettre, Pierre Verbraeken, ancien rédacteur en chef emblématique des Informations dieppoises est décédé vendredi 2 octobre. Sébastien Jumel, maire de Dieppe, lui rend hommage. 


    « J’ai toujours préféré Dieppe au vieux Dieppe. » Par ces mots, que je me suis souvent appropriés depuis, Pierre Verbraeken achevait son texte racontant vingt-cinq années de municipalité communiste à Dieppe, en 1996.


    Pierre était un homme de regard, un observateur, une vigie : avant de poser les mots, il lui fallait connaître le monde et le comprendre, autrement dit connaître et comprendre ceux qui font le monde, les hommes et les femmes, dans leur grandeur comme dans leur faiblesse.


    Pierre était un homme de mots. Précis, directs, évocateurs, justes, surtout lorsqu’il parlait de Dieppe, dont il avait une connaissance fine et profonde de l’âme, de l’identité populaire et maritime, des aspérités.


    Il résumait en une phrase, une vision, un projet : celui d’une ville moyenne qui ne se contente pas d’être moyenne, mais veut voir plus haut et plus loin ; celui d’une ville populaire qui veut le meilleur pour sa population, celui d’une ville historique qui ne limite pas son ambition à être une ville musée, celui d’une ville touristique dont le cœur bat toute l’année.


    Cette vision complexe de la cité, Pierre l’a portée tout au long de sa vie professionnelle et de ses engagements. Rédacteur en chef, il fait des Informations Dieppoises un journal qui mêle l’ancrage local à l’ouverture au monde. Un journal qui parle d’ici, des gens d’ici, sans jamais les enfermer dans leur singularité, dans l’esprit de clocher, la peur de l’autre, le mépris de classe. Ses faits divers racontent les histoires et drames humains. Sa rubrique culture témoigne d’un foisonnement hors pair à Dieppe. Journaliste indépendant et exigeant, il ne fixe pas la ligne de crête des ventes, mais la ligne éditoriale à laquelle il croit, sensible et humaniste. Il est Charlie, quand il lance L’entonnoir à la crème, journal satirique dieppois, à la fin des années 1990. Il est Charlie, début janvier, avec nous à l’hôtel de ville quand nous pleurons nos amis dessinateurs et journalistes assassinés.


    Pierre était un homme de culture et de mémoire : administrateur de Dieppe scène nationale, détenteur du Fonds Marchand, trésor inestimable qu’il a légué à la Ville. Là encore, non pour mythifier le passé mais aider à se l’approprier et à le questionner. Cette même démarche, il l’avait mise en œuvre en 2012, lorsque nous avions exposé son témoignage sur la guerre d’Algérie : jeune journaliste appelé, enrôlé pour la propagande, il avait pris soin de photographier et de documenter les scènes du conflit, souvent terrible, dont il était témoin. Un secret qu’il avait gardé quarante années.


    Pierre était ainsi un homme simple et discret, modeste, refusant les honneurs. Un ami de Dieppe. Un ami.

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