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  • Ouattara verrouille sa réélection en Côte d'Ivoire 23 octobre 2015 | Par Fanny Pigeaud

    Ouattara verrouille sa réélection en Côte d'Ivoire

     

    |  Par Fanny Pigeaud

     

    Ce dimanche est jour de présidentielle en Côte d’Ivoire. La précédente, en 2010, avait opposé au second tour Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara et débouché sur une crise militaro-politique sans précédent. Le contexte est aujourd’hui différent mais les tensions sont toujours fortes et le scrutin est sujet à caution.

     

     

     

    « Notre bilan est largement positif, inattaquable », a prévenu Ouattara, 73 ans et candidat à sa succession pour le compte du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition au pouvoir. Le président sortant compte visiblement être réélu et ce, dès le premier tour, comme le suggère l’un de ses slogans de campagne : « Un coup, K.-O. ! » Il lui faut une victoire incontestable pour faire oublier le scrutin de 2010. Cette année-là, l’élection a été entachée de nombreuses irrégularités, cachées ou minimisées par les Occidentaux qui le soutenaient. Ouattara n’a dû son installation au pouvoir qu’au forcing de son ami Nicolas Sarkozy et à l’intervention de l’armée française. 

    Aujourd’hui, Ouattara est fort de plusieurs atouts. Comme en 2010, il a l’appui de Paris. Depuis 2011, il a fait ce que la France attendait de lui : des entreprises françaises, dont Bolloré et Bouygues, ont remporté des marchés importants ; la base de l’armée française implantée à Abidjan, que Gbagbo voulait voir supprimée, a été renforcée ; il a défendu quand il le fallait le franc CFA, etc. Pour gagner, Ouattara peut également compter sur une stratégie de communication bien huilée et des moyens financiers sans commune mesure avec ceux de ses sept concurrents, dont aucun ne bénéficie du soutien total d’un parti politique de poids. 

    Le président sortant a en outre l’avantage d’avoir un bon bilan économique, avancent ses partisans. Depuis 2011, la croissance dépasse 7 %, le gouvernement a réalisé de nombreux travaux visibles par les électeurs : des ponts, un barrage, quelques milliers de classes, ont été construits, des routes ont été rénovées, des autoroutes ont vu le jour, des universités ont été « réhabilitées », etc. Les autorités revendiquent aussi la création de 20 000 entreprises, les hommes d’affaires étrangers fréquentent assidûment Abidjan, les bailleurs de fonds prêtent de nouveau de l’argent au pays. Le siège de la Banque africaine de développement (BAD), déménagé à Tunis sous Gbagbo, est revenu à Abidjan. Pour qualifier cette effervescence, des économistes parlent de « nouvel élan » ou de « rebond » économique.

     

     


    Meeting de campagne du RHDP, le parti de Ouattara, à Yamoussoukro, le 9 octobre 2015. © REUTERS/Thierry Gouegnon
     
     

    Les détracteurs du président-candidat sont moins positifs. Selon eux, une bonne partie des projets d’infrastructures réalisés ces dernières années étaient prévus depuis longtemps. Mais ils n’ont pas pu être concrétisés à cause des troubles causés par la rébellion pro-Ouattara qui a coupé le pays en deux à partir de septembre 2002 et imposé à Gbagbo un gouvernement qu’il ne contrôlait que partiellement.

    Alors qu’elle a bénéficié d’importantes remises de dettes en 2011, la Côte d'Ivoire est de nouveau très endettée, déplorent en outre les opposants. Ils ajoutent que la croissance est loin d’être partagée, un fait reconnu par tous. « La Côte d’Ivoire est confrontée à des taux de pauvreté inquiétants », a ainsi indiqué, fin 2014, le chef des opérations de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire. Un habitant sur deux est pauvre et le pays est classé au 171e rang sur 187 États par l’indice de développement humain.

    La qualité de la gestion publique par l’équipe au pouvoir est également jugée problématique par les experts. « Le niveau des détournements de fonds publics n’a jamais été aussi élevé en Côte d’Ivoire », confiait dès 2012 un cadre d’une institution financière internationale. Le nombre de marchés passés de gré à gré a lui aussi explosé. Le FMI, ancien employeur de Ouattara, a dû, en 2014, inviter « fortement les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer l’efficience et la transparence des dépenses publiques ». Selon Jean-Michel Lavoizard, un analyste français interrogé par l’agence ivoirienne de presse Alerte Info, « depuis trois ou quatre ans, on n’a pas vraiment d’idée sur le taux de survie et l’avenir des sociétés créées » et « le climat des affaires est loin de correspondre à ce qui est dit tous les jours par les médias de tous formats, locaux et internationaux ».

    Il y a plus préoccupant : alors que les autorités affirment que la Côte d’Ivoire est « apaisée », le climat politique reste en réalité exécrable. « Certes, il y a de la croissance, mais elle n’est pas soutenable parce que le pays est très fragile politiquement », estime ainsi un économiste. C’est ce qui a fait dire, le 16 octobre, à l’ancien diplomate Amara Essy, ministre des affaires étrangères du président Félix Houphouët-Boigny : « La Côte d’Ivoire est une cocotte-minute qui bout. J’espère qu’on sortira indemnes de cette élection. »

    Amara Essy, qui est aussi cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), membre du RHDP, était candidat à la présidentielle. Mais le 13 octobre, il a retiré sa candidature, expliquant : « Je ne me rendrai pas complice d’une mascarade électorale que certains de nos amis ont le bien grand tort de considérer comme une élection de consolidation du pouvoir en place. » Il a été imité presque aussitôt par Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale sous Gbagbo et aujourd’hui président de Liberté et démocratie pour la République (Lider), qui a dit : « Je vois que l’élection ivoirienne est délibérément sabotée par ceux-là mêmes qui ont le devoir de l’organiser démocratiquement : le gouvernement et la CEI [Commission électorale indépendante]. Je ne participerai pas à ces élections truquées. »

    Le processus électoral apparaît en effet verrouillé. Le RHDP est majoritaire au sein de la CEI chargée d’organiser et de superviser le scrutin. C’était déjà le cas pour la présidentielle de 2010. À l’époque, les résultats avaient été trafiqués dès le premier tour au profit de Ouattara et au détriment de Henri Konan Bédié, rétrogradé de la deuxième à la troisième place.

    Depuis, la CEI est présidée par le même homme, Youssouf Bakayoko. C’est lui qui, en 2010, avait, entre autres irrégularités flagrantes, proclamé les résultats provisoires du second tour depuis le siège de campagne de Ouattara, sous la pression de diplomates occidentaux. « La CEI demeure politisée, la liste électorale est du même acabit, la traçabilité des résultats n’est toujours pas assurée », a constaté mi-octobre le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (Grip), basé à Bruxelles.

    Ouattara a en outre la main sur le second organe du processus électoral, le Conseil constitutionnel : ses sept membres font, à une exception près, partie de ses proches ou de sa mouvance politique. 

     

     

     

    « La justice vise un seul camp »

    Le jeu est d’autant plus biaisé que l’opposition est très affaiblie. Le pouvoir a réussi à diviser le principal parti, le Front populaire ivoirien (FPI), fondé par Gbagbo. Une frange s’est rangée derrière l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, qui s’est porté candidat à la présidentielle. Une autre, importante, critique les conditions d’organisation du scrutin et appelle au boycott. De manière générale, le FPI ne s’est pas remis de la crise de 2010-2011. Il compte de nombreux cadres et militants toujours en exil ou en prison : plusieurs centaines d’entre eux sont détenus sans jugement depuis 2011.

    Et les autorités ne relâchent pas la pression : Amnesty International s’est inquiétée début octobre des « récurrentes arrestations et détentions arbitraires d’opposants politiques », parlant d’un « climat de peur qui compromet l'exercice de la liberté d'expression ». En septembre, une soixantaine de personnes ont ainsi été arrêtées. « Au moins trente sont toujours en détention », selon Amnesty, qui a précisé « Certains ont subi de mauvais traitements […] et étaient détenus au secret pendant plusieurs semaines. »

    L’impunité dont bénéficient toujours les anciens rebelles, dont plusieurs ont été placés à des postes de responsabilité dans l’armée, contribue à entretenir les tensions. Certains anciens chefs de guerre ont gardé leur milice et sont surarmés, comme Martin Koakou Fofié qui est sous le coup de sanctions des Nations unies depuis 2006. Ils continuent à organiser des trafics de ressources naturelles, selon les rapports réguliers établis par des experts mandatés par l’ONU. Aucun n’a été jugé pour les effroyables massacres commis en 2011 (des centaines de personnes avaient été tuées, notamment dans l’ouest, par les troupes de Ouattara).

    Des ex-chefs de guerre ont été inculpés en juillet de cette année par la justice ivoirienne, mais sans conséquences jusqu’ici, alors que des responsables pro-Gbagbo ont été condamnés à de très lourdes peines. « De nombreux Ivoiriens sont encore en exil [ils sont plusieurs dizaines de milliers – ndlr]la rigueur de la justice vise un seul camp et une politique de préférence ethnique dite “rattrapage” s’est substituée au mérite. […] La Côte d’Ivoire est au creux de la vague », a estimé l’ancien premier ministre et cadre du PDCI, Charles Konan Banny, candidat contre Ouattara après avoir présidé pendant trois ans une Commission dialogue vérité et réconciliation…, qui n’a pas réconcilié grand monde.

     

     
    Le 7 octobre 2015 à Abidjan, meeting de la Coalition nationale pour le changement. © REUTERS/Thierry Gouegnon
     

    Il n’y a cependant pas de quoi s’alarmer pour la « communauté internationale » qui avait pris parti contre Gbagbo en 2010. L’Union européenne a même décidé de ne pas envoyer d’observateurs pour la présidentielle, estimant que « les conditions d’un scrutin transparent sont réunies », selon son ambassadeur à Abidjan, le Français Jean-François Valette. Un choix jugé étonnant par le Grip : « La décision de l’UE de ne pas envoyer ses observateurs ne semble pas correspondre aux critères qu’elle suit habituellement. » Le groupe de recherche a émis une hypothèse : « La réelle motivation derrière la décision de l’UE […] pourrait avoir trait à la crainte qu’une évaluation électorale perçue comme négative puisse avoir un effet déstabilisant sur le pays. » Mamadou Koulibaly est allé plus loin : « Politique de l’autruche de l’Union européenne face à la fraude organisée par [Ouattara]. Complicité ? » a-t-il commenté sur Twitter.

     

    Bien que Gbagbo, 70 ans, soit depuis 2011 loin de son pays, en détention provisoire à La Haye, dans la prison de la Cour pénale internationale, il reste omniprésent dans les esprits. Son procès pour crimes contre l’humanité, joint à celui de Charles Blé Goudé, doit s’ouvrir le 10 novembre. En attendant, des candidats à la présidentielle utilisent sa popularité pour s’attirer la sympathie des électeurs : Affi N’Guessan a promis de faire libérer l’ex-président s’il est élu. Konan Banny, autrefois à couteaux tirés avec Gbagbo, a de son côté déclaré « Il est illusoire de rêver à la réconciliation en excluant des dignes fils de la Côte d’Ivoire qui sont en prison, parmi lesquels il y a Gbagbo. »

    Ouattara a, lui, une tout autre préoccupation : le taux de participation de dimanche. Il craint une faible affluence dans les bureaux de vote. « Nous savons tous que la majorité des Ivoiriens ne se sent pas concernée par cette élection. Le nombre très faible de nouveaux inscrits, 367 609, dix fois moins important que les prévisions annoncées par les gouvernants avant la période d’enrôlement, se passe de commentaire. Il laisse toutefois présager une abstention massive », a observé Amara Essy. Les appels du camp présidentiel pour encourager les Ivoiriens à se rendre aux urnes se font de plus en plus pressants. En 2010, la CEI avait donné un taux de participation au second tour supérieur à ce qu’il était en réalité.

    Source Médiapart et Fanny Pigeaud

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  • Pierre est parti.

    L’hommage de Sébastien Jumel à « l’ami » Pierre Varbraeken

    Homme de culture et de lettre, Pierre Verbraeken, ancien rédacteur en chef emblématique des Informations dieppoises est décédé vendredi 2 octobre. Sébastien Jumel, maire de Dieppe, lui rend hommage. 


    « J’ai toujours préféré Dieppe au vieux Dieppe. » Par ces mots, que je me suis souvent appropriés depuis, Pierre Verbraeken achevait son texte racontant vingt-cinq années de municipalité communiste à Dieppe, en 1996.


    Pierre était un homme de regard, un observateur, une vigie : avant de poser les mots, il lui fallait connaître le monde et le comprendre, autrement dit connaître et comprendre ceux qui font le monde, les hommes et les femmes, dans leur grandeur comme dans leur faiblesse.


    Pierre était un homme de mots. Précis, directs, évocateurs, justes, surtout lorsqu’il parlait de Dieppe, dont il avait une connaissance fine et profonde de l’âme, de l’identité populaire et maritime, des aspérités.


    Il résumait en une phrase, une vision, un projet : celui d’une ville moyenne qui ne se contente pas d’être moyenne, mais veut voir plus haut et plus loin ; celui d’une ville populaire qui veut le meilleur pour sa population, celui d’une ville historique qui ne limite pas son ambition à être une ville musée, celui d’une ville touristique dont le cœur bat toute l’année.


    Cette vision complexe de la cité, Pierre l’a portée tout au long de sa vie professionnelle et de ses engagements. Rédacteur en chef, il fait des Informations Dieppoises un journal qui mêle l’ancrage local à l’ouverture au monde. Un journal qui parle d’ici, des gens d’ici, sans jamais les enfermer dans leur singularité, dans l’esprit de clocher, la peur de l’autre, le mépris de classe. Ses faits divers racontent les histoires et drames humains. Sa rubrique culture témoigne d’un foisonnement hors pair à Dieppe. Journaliste indépendant et exigeant, il ne fixe pas la ligne de crête des ventes, mais la ligne éditoriale à laquelle il croit, sensible et humaniste. Il est Charlie, quand il lance L’entonnoir à la crème, journal satirique dieppois, à la fin des années 1990. Il est Charlie, début janvier, avec nous à l’hôtel de ville quand nous pleurons nos amis dessinateurs et journalistes assassinés.


    Pierre était un homme de culture et de mémoire : administrateur de Dieppe scène nationale, détenteur du Fonds Marchand, trésor inestimable qu’il a légué à la Ville. Là encore, non pour mythifier le passé mais aider à se l’approprier et à le questionner. Cette même démarche, il l’avait mise en œuvre en 2012, lorsque nous avions exposé son témoignage sur la guerre d’Algérie : jeune journaliste appelé, enrôlé pour la propagande, il avait pris soin de photographier et de documenter les scènes du conflit, souvent terrible, dont il était témoin. Un secret qu’il avait gardé quarante années.


    Pierre était ainsi un homme simple et discret, modeste, refusant les honneurs. Un ami de Dieppe. Un ami.

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  • COTE D IVOIRE-BURKINA : UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTE PAR MICHEL GALY1

     

    Ceci pourrait proposer les prémices d'une « politologie de la libération », comme le suggérait il y a une quarantaine d 'années un mien condisciple du Cameroun : peut être en effet les peuples d’Afrique se libéreront ils ensemble du joug colonial et des oligarchies locales, si tant est qu ils d agisse des phénomènes différents. Plus probablement, via notamment les nouveaux réseaux sociaux, une internationalisation des esprits et une esquisse d'opinion pan africaine se dessinent ils.
     
    Plus modestement, on pourrait transférer d autres champs du savoir le concept de « dyade » en politologie africaine, pour désigner deux peuples et deux Etats intimement lies, à l'évolution liée, en système. Il en est d autres, mais le binôme Cote d'ivoire/Burkina pourrait être exemplaire, à plus d un titre, et en particulier en fonction dune actualité brûlante.

     

    DE LA FUSION A LA DYADE,UNE LONGUE ET TUMULTUEUSE HISTOIRE

     

    Chacun le sait, entre les entités pré-coloniales et les Etats indépendants se situe une sorte de temps intermédiaire colonial, dont l historien italien Chalchi Novati réduit justement le laps de temps à 3 générations. C est à cette époque de Conquête et de maîtrise que naît l'AOF, incluant entre autres les deux États contemporains en question, Cote d Ivoire et Haute Volta, devenu Burkina Faso.

     

    Ici on doit, notamment les jeunes générations qui ont intériorisé « l'illusion cartographique » des frontières, marquer le caractère arbitraire des Etats eux même , et de leurs limites.

     

    Ce qui n' empêche pas de 1960 à 2015, la naissance d'un « sentiment national : même phénomène pour les « identités ethniques », dont une vague de chercheurs a montré l arbitraire d' origine et le flou des frontières- sans qu ils réalisent que comme pour l Etat l’arbitraire du Signifiant( le « nom » <Cote D ivoire> par exemple, dont en français on voit bien la réduction ancienne au littoral et à la marchandise coloniale,, mais dont le sens premier échappe maintenant , revendiqué comme un marqueur national indivisible et intraduisible) est revendiqué par les humains qui s'en réclament. Etat et « ethnies », quelque soient leur origine, fonctionnent donc socialement et politiquement en système : ce qui atteint un pays touche l'autre, ils sont dans une certaine mesure interdépendants. 
     
    Mais sous la fusion et après la séparation, tout circule, produisant de l'échange de la migration, mais aussi de la légitimité et de l'illégitimité vis à vis de la Loi et de l'Etat.
     
    Tout passe à travers les frontières poreuses : les hommes, les mots, les biens-et in fine les armes .
     
    30% environ de migrants sahéliens en Cote d'ivoire, et sans doute beaucoup plus depuis 2011.Près 3,5 millions d’originaires du Burkina(, ce qui est certainement sous estimé) sont en terre ivoirienne et ces migrations de fait n’ont jamais cessé. Un jeu complexe de tutorat, duperies, appui sur les lois coutumières, nationales, ou un mixte indéfini dans le foncier.

     

    Un jeu tout aussi pervers au plan électoral, où la naturalisation et/ou l'octroi sans contrôle populaire de cartes électorales(avec la complicité des organisations régionales et internationales : il y aurait beaucoup à dire sur l'instrumentalisation actuelle du concept d ' « apatride ») : on passe du « bétail électoral » houphouetiste à la « cinquième colonne » ouattaresque qui si elle était appliquée permettrait avec un million de sahéliens surnuméraires de truquer vitam æternam toute élection à venir.
    Tout comme Sidya Touré censé être ivoirien avant de se révéler premier ministre de Guinée le « cas Ouattara » s'inscrit dans c e jeu complexe d 'étrangéité et de naturalisation, redoublé d’un coté par la position particulière d' Houphouet -favorable on le sait à un « laisser faire, laisser aller » des migrants,malgré le refus de la classe politique ivoirienne- de l' autre par l internationalisation du jeu politique, en particulier lors de la volonté élyséenne de mise sous tutelle du gouvernement de Laurent Gbagbo de 2000 à 2011.
     
    Indubitablement Ouattara est si ce n est un « candidat étranger( on laisse à chacun le soin d 'apprécier la documentation publiée, dont le flou contraste avec le fait quant à lui indubitable de se « prévaloir » d'une autre nationalité par rapport à la Constitution-mais aussi les actes posés depuis 2011, plus politiquement révélateurs que les arguties juridiques), du moins est il avec certitude « le candidat de l 'étranger », en particulier du « complexe néocolonial » français.

     

     

    LA MIGRATION DES IDEES,UNE CHANCE DE LIBERATION
     
    Il se passe en ce moment quelque chose d’assez curieux, de surprenant, presque exaltant, pour les partisans d'une libération des peuples : une opinion transcontinentale naît. Des idées passent, des images s’affichent:on ne peut plus intervenir militairement et réprimer comme antan, sans que l'opinion africaine-et mondiale-le sache.
    Mieux, c est l' inverse qu il se passe : les idées nouvelles gagnent, les expériences font école, les despotes vacillent.

     

    La Constitution devient dans beaucoup de pays d'Afrique un texte certes manipulé par les pouvoirs, mais que les oppositions démocratiques jugent intangibles. A l'aune de la Loi qui s’impose à tout sujet politique , il est évident à tout juriste que Ouattara (ni Sassou Nguesso, ni Nkurunziza , ni Kabila...)n'est pas éligible, et ce n est pas un hasard si Wodié , après avoir failli à l honneur et au Droit en 2011, a préféré démissionner que de cautionner encore un candidat inéligible sans un referendum approuvant au préalable sa candidature : « dérivé » est bien le terme désormais consacré où la vérité politique affleure dans un magnifique lapsus qui se voulait habile et qui est simplement révélateur de l' illégitimité continue du régime – dont les « dérives » , depuis son origine putschiste, sont permanentes.

     

    Que de parallèles avec le Burkina, avec une crise qui se cristallise actuellement , tel un précipité de Droit, de Politique et d'Histoire ! Si Compaoré a été renversé il y a presque un an, c 'est l échec récent du putsch de son âme damnée, le général Diendéré, qui aura le plus impact sur les « élections présidentielles d 'octobre à Abidjan.

     

    En effet se déploie une sorte de « Grand Jeu » international des dictatures contre les mouvements de libération politique, dont l'opposition pro Gbagbo n 'a pas toujours conscience en dehors de quelque « offensives diplomatiques » vers Paris, tout à fait pertinentes d ailleurs puis que la tutelle (néo)coloniale est plus que jamais de mise. La grande différence est que , malgré cette volonté de maîtrise élyséenne(le lieu du pouvoir avec le fameux « complexe militaro-colonial plus éclaté) sur la Cote D'ivoire et l' Afrique, la tutelle française joue désormais comme une sorte de « feu orange » devant les aspirations démocratiques.

     

     

    L' IMPOSSIBLE REPRESSION ?

     

    On l'a bien vu pour la marche de lundi dernier : le pouvoir ne peut plus politiquement réprimer, disons comme à l'époque du putsch de 2011 et des quelques 5000 victimes civiles pro-Gbagbo(selon une estimation sans doute en dessous des chiffres réels,la réalité depuis 2002 atteignant peut être le double). Les temps ont changé, les gouvernants (gouverneurs?) à Paris aussi. S'il y a un minimum de crédibilité à accorder par les chancelleries à l’élection d' octobre- que l on sait pourtant par avance truquée, il faut qu' un semblant de vie démocratique- et donc de manifestation ouverte de l opposition , puisse se passer.

     

    Pourtant les mercenaires FRCI et les corps parallèles de type Dozos sont toujours là ; mais impossible de les utiliser à réprimer dans le sang, si ce n est pour le régime à s’autodétruire politiquement !

     

    C est donc par une répression cachée, mais féroce qu 'au « pays du mensonge déconcertant », on va agir : par l archipel des camps et des tortures, par l' embastillement de dignes représentants de l'opposition(une demi -douzaine d 'ex ministres du régime Ggagbo, la jeune Mariam Marie France Cissé du FPI coupable de délit d 'opinion, très récemment le leader de la société civile Samba David), par la misère faite aux quelques 500 prisonniers politiques et leurs familles, par les mauvais traitements, les tortures parfois et l' absence de soins souvent ...Cet attirail de dictature modérée ou de démocrature féroce, ne peut marcher qu 'à la désinformation et la complicité des milieux médiatiques, diplomatiques, militaires, politiques, à l'extérieur.du pays .

     

    Sans parler de la corruption de certains opposants opportunistes et /ou le clivage forcé des grands partis comme le FPI. Et de la main mise sur les médias-mais aussi l Armée,l'Assemblée, le Conseil constitutionnel, la CEI -qui est tout sauf indépendante...dans une logique dite de « rattrapage ethnique » qui ne profite de fait qu'à une seule ethnie-jusque dans les concours administratifs ! : les Malinkés dont est issu Ouattara, laissant de coté les 59 autres peuples de la terre éburnéenne !

     

    Mais tout ceci est bien évidement la chance de l'opposition.

     

    La désinformation n'a qu' un temps. Ainsi corruption de la chefferie et instrumentalisation des médias ont fait partie d’un risible « plan com » destiné à montrer un « triomphe » du candidat dérivé « dans le fief de Laurent Gbagbo »...mais en fait à contrer la manifestation de la CNC contre l' illégitime candidature de Ouattara ! Au passage aucun média occidental ne sait -ou n’ose dire que 50% des villes en pays bété est composé de nordistes et de sahéliens...

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