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  • Un hors sujet de goût

    Une fois n'est pas coutume, je fais un post qui n'a rien à voir avec

    la Côte d'Ivoire. Un de nos amis participe à un concours d'artisanat, et les votes par internet peuvent l'aider à décrocher le prix.

    Je vous laisse admirer ses créations et voter pour lui. Merci par avance de votre soutien et de vos encouragements.

    Saper Aude:

    projet 1

    http://www.osezlartisanat.fr/candidats/buffet-reinvente/

    projet 2

    http://www.osezlartisanat.fr/candidats/la-table-aux-pieds-dinsecte/

    projet 3:

    http://www.osezlartisanat.fr/candidats/belle-marquise/

     

     

  • COTE D'IVOIRE: LA PLACE DE L'AUTRE .

    En politique, quand tu prends par la force une place, tu ne l'as pas gagnée. Et le sentiment de ne pas être à ta place ne te quitte jamais, ce qui fait que tu es constamment sur tes gardes.

    C'est ce sentiment que doit certainement éprouver Ouattara sous ses faux airs d'homme sûr de lui, snobant ses adversaires politiques qu'il malmène, emprisonne, affame. Ouattara veut tout le monde à ses pieds, à sa merci, tout le monde, tout le peuple de Côte d'Ivoire. Personne ne doit lui résister. Mais aussi impressionnant que soit son pouvoir qui s'appuie essentiellement sur la force brutale, Ouattara a bien conscience de sa faiblesse qu'il dissimule car il sait que la place qu'il occupe n'est pas une place qu'il a gagnée.

    Arrivé au sommet de l'état ivoirien dans les chars de l'armée française, son début de règne a été marqué par une terreur généralisée, et par une insécurité organisée et entretenue contre ses adversaires politiques, surtout ceux qui n'ont pas réussi à se mettre à l'abri en exil.
    Des dozos ( chasseurs traditionnels bardés de gris-gris ) et des Frci partout. Un jeune enlevé ici, un journaliste tué là, des hommes politiques et des officiers de l'armée, jetés en prison sans ménagement. Même ceux qui croyaient être à l'abri hors du pays ne sont pas épargnés. Seka Seka, l'aide de camp de Mme Gbagbo, qui du Ghana où il avait trouvé refuge partait en Guinée, a vu son avion détourné sur Abidjan où il a été arrêté et incarcéré. Les tortures qu'il subit depuis auraient eu raison de sa lucidité. Le ministre Lida Kouassi qui lui, avait trouvé refuge au Bénin a été extradé manu militari, menottes aux poignets, au bout d'une journée de procédure. Expéditif ! Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu, Le commandant Jean-Noël Abehi, extradés eux aussi manu militari, ont été pour le premier déporté à la Haye, et pour les autres incarcérés après un passage dans l'enfer de la DST, au camp pénal de Bouaké d'où Dibopieu finira par être libéré avec cette confidence qu'il livrera. " J'ai été traîté avec une haine incroyable." Il s'est depuis muré dans un silence compréhensible car certainement traumatisé pour longtemps. C'est sans doute à un tel résultat que la France et Ouattara voulaient aboutir avec le peuple ivoirien : qu'il se réfugie dans la peur et se soumette !

    Misant donc sur la peur des ivoiriens, sur le traumatisme à eux causé par la violence impressionnante dont la France a fait preuve à leur égard pour son propre intérêt et pour l’avènement de son régime, Ouattara ne les croyait certainement plus capables après cette bourrasque meurtrière d'avril 2011 , avant longtemps en tout cas, d'un quelconque sursaut.

    Mais, au cours de cette même année 2011, Ouattara s'oblige à leur demander de lui donner une légtimité qu'ils lui ont refusée lors de la présidentielle de 2010. La réponse a pris la forme d'une abstention massive, obligeant Youssouf Bakayoko à donner un taux de participation " golfien ", comme lui seul en a le secret.

    Une fuite en avant donc dans le mensonge désormais institutionnalisé dans un pays où tout est aujourd'hui essentiellement entre les mains non pas d'une ethnie, mais d'un clan ethnique. L'armée, la gendarmerie, la police, La haute fonction publique, les ports, la douane, etc, le clan Ouattara est partout.

    Plastronnant devant ses partisans à Bouaké, le " Bravetchê ", l'Homme de la " Solution " déclare fièrement à l'endroit de ses adversaires politiques, méprisant les états généraux que lui propose le FPI pour résoudre la crise ivoirienne, qu'ils feraient mieux de se préparer pour les élections parce qu'il n'aurait pas le temps pour " les bavardages ".

    Mais il se rendra compte que les choses ne sont pas aussi simples, quand il initie le Recensement Général de la Population et de l'Habitat ( RGPH). Et c'est sans doute à ce moment-là qu'il se rend aussi compte qu'il lui faut compter sur des soutiens au sein même du FPI, car cette abstention massive aux élections qui ont suivi la présidentielle de 2010, où le taux de participation était à plus de 80 % au premier tour, annonce un désaveu encore plus grand lors des échéances électorales à venir.

    Il sera entendu par Pascal Affi Nguessan qui, au nom du FPI, lui avait pourtant fait la proposition des Etats Généraux qu'il avait rejetée. Ce dernier travaille désormais pour lui mais rencontre une résistance farouche. Alors, il faut l'aider car rien ne doit venir contrarier une légitimation après laquelle il court depuis longtemps. N'a-t-il pas dit en août 2014: " cette élection est très importante pour moi " ? Ouattara ne lésine donc pas sur les moyens, il menace encore, emprisonne encore, et est prêt à aller encore plus loin. D'ailleurs, il prévient les empêcheurs de se faire légitimer en rond. " Je n'aurai pas d'états d'âme" , dira-t-il mais dans ses plans , il a oublié le peuple car personne ne sait comment il réagira face à un passage en force alors que la constitution, qu'il avait pourtant tout le loisir de modifier en la soumettant au référendum, l'exclut d'une nouvelle compétition électorale.

    " Le traumatisme causé par la guerre passera demain" avait dit un jour le professeur Albert Bourgi, un fin connaisseur de la politique africaine qui s'était ensuite interrogé en ces termes : " Si demain, cinq mille ( 5000) personnes descendent dans la rue, que va-t-il faire ? Va-t-il les tuer toutes ? "

    Le sentiment de ne pas être à sa place fait donc craindre cette éventualité à Ouattara qui s'emploie méthodiquement à étouffer toute velléité de contestation de son régime qu'il sait rejeté, y compris par beaucoup de ses partisans d'hier qui lui ont tourné le dos et ont boudé tous les grands rassemblements qui ont été initiés par son parti le RDR, et par lui-même, comme celui du Stade Houphouët-Boigny.

    Les manifestations restent pour le moment interdites en Côte d'Ivoire, jusqu'à nouvel ordre. Mais il reste qu'un peuple poussé dans ses derniers retranchements n'a jamais demandé une quelconque autorisation pour crier sa colère, Il prend tout simplement son destin en main.

    Il ne manque donc plus qu'un catalyseur car toutes les conditions semblent aujourd'hui réunies pour dire à Ouattara qu'il n'est pas à sa place. Et il le sait. Il l'a d'ailleurs toujours su parce qu'il a conscience qu'il n'a pas gagné la place qu'il occupe aujourd'hui.
    Alexis Gnagno

  • Dans l’enfer des prisons politiques ivoiriennes

    RAPPORT : DANS L’ENFER DES PRISONS POLITIQUES IVOIRIENNES

     

    [20 mai 2015]

     

    Depuis la fin de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, en 2011, les personnes étiquetées comme partisanes de l’ancien président ivoirien Laurent GBAGBO sont victimes de traitements dégradants, de tortures et d’emprisonnement.
    De nombreuses ONG internationales ont dénoncé le fait qu’en Côte d’Ivoire, les libertés civiques soient de fait suspendues depuis cinq années.

     

    Ce rapport a pour objet de fournir des données chiffrées sur les détenus d’opinion et leur répartition dans les différentes prisons du Pays. Et d’argumenter sur leurs conditions inhumaines de transfèrement puis de détention à l’aide de photographies parlantes. La plupart ont subi des tortures à la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) avant d’être enferrés pour de longues années sans jugement.

     

    Chaque vague de libérations s’est toujours accompagnée d’une nouvelle vague de tortures et d’arrestations, donnant l’impression d’une politique volontaire de la part du Gouvernement de Monsieur A. Dramane Ouattara de maintenir un quota stable de 400 à 500 prisonniers politiques dans les prisons ivoiriennes.

     

    Dans 99 % des cas, les détenus d’opinion sont des chrétiens et issus d’ethnies supposées avoir apporté un soutien électoral à Monsieur Laurent Gbagbo.

     

    Les arrestations se sont toujours déroulées de manière inopinée, violente, abusive, sur dénonciation de partisans de Monsieur A. Ouattara indexant des « pro-Gbagbo », alors que le Parti Unique n’existe plus en Côte d’Ivoire depuis 1990. La Côte d’ivoire s’ajoute à la liste sombre des pays dans lesquels le délit d’opinion fait l’objet d’emprisonnement.

     

    Pourtant, l’article 3 de la Constitution ivoirienne prescrit bien que « sont interdits et punis par la loi l’esclavage, le travail forcé, les traitements inhumains, cruels, dégradants et humiliants, la torture physique ou morale, les violences physiques et les mutilations ou toutes formes d’avilissement de l’être humain ».

     

    Abandonnés dans l’enfer des prisons, les détenus d’opinion ont protesté à travers deux grèves de la faim en 2014.

     

    Michel GBAGBO
    Secrétariat National [du FPI] chargé
    de la Politique Pénitentiaire
    et des Détenus Politiques

     

    [Le rapport complet est accompagné de documents chiffrés et photographiques]

    Source: soutien et liberté

    https://soutienetliberte.wordpress.com/2015/05/27/dans-lenfer-des-prisons-politiques-ivoiriennes/