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  • FPI, création d'un secrétariat nationale pour la libération de Gbagbo

    Depuis la dernière conférence de presse du président AFFI, qui a anonncé la création d'un secrétariat nationale chargée de la lutte pour la libération de Laurent Gbagbo Des voix s'élèvent pour crier leur déception. Aujourd'hui nous vous proposons une contribution d'un de nos lecteurs, Vaber Douhouré

    FPI, création d'un secrétariat nationale pour la libération de Gbagbo: mon avis

    Non, je ne suis pas d'accord avec cette décision.
    Pour moi elle est insuffisante. C'est de la pure diversion.
    Car pour moi, c'est toute la machine du FPI, créé par Gbagbo Laurent, qui doit être l'outil de sa libération, et non un secrétariat, qui d'ailleurs n'aura aucun moyen. Car que fera le FPI pendant ce temps? Il s'occupera de quoi pendant ce temps??

    Ce sont des foutaises, du pur foutage de gueule.
    Pour moi, c'est le FPI, son président, son secrétariat général au complet, son comité central au complet, ses structures spécialisées au complet, sa coordination nationale au complet, ses fédérations et son comité de contrôle au complet, qui doit se mettre en branle comme un ouragan pour lutter pour la libération de Gbagbo. Et cela, par des marches, des sittings, des boycotts etc.. et non une toute petite structure "de je ne sais quoi" qui d'ailleurs n'aura aucun moyen.

    Pour moi, la lutte pour la libération de Gbagbo n'est pas un épiphénomène. Ce n'est pas un problème secondaire, mais le principal. Ce n'est pas un détail dans les priorités du FPI. Mais la priorité des priorité de la lutte du FPI.
    Car si cette lutte pour libération de Gbagbo n'est pas la priorité du président du FPI. Alors c'est quoi sa priorité? Qu'on nous le dise. C'est quoi la priorité de AFFI?

    En réalité, mon frère, pour moi Affi a le même plan que Mamadou Koulibaly. Seulement, instruit par ce qui est arrivé à ce dernier, Affi ruse. Il essaie de donner l'illusion de lutter pour Gbagbo, mais en réalité il lutte pour sa pomme et pour les beaux yeux de la communauté internationale. Car Affi est pressé, il veut être président (et c'est son droit). Et il se dit que pour être président en Côte d'ivoire, il faut être l'homme de la communauté internationale. Or cette communauté ne veut pas entendre parler de Gbagbo, ni de marches, ni de sittings. Elle veut qu'on laisse Ouattara gouverner tranquille. Et qu'on l'accompagne aux présidentielles de 2015 pour un deuxième mandat.

    Mais la communauté internationale sait que Ouattara est mal en point, et surtout que l'homme n'est pas aimé des ivoiriens, et qu'il n'a pas une base pluri-ethnique large au sein de la population. Contrairement à Gbagbo qui a une large base au sein de la majorité des ivoiriens. Alors la communauté internationale qui prépare l'après Ouattara, en 2020, utilise la technique du Cheval de Troie pour contrôler le FPI de l'intérieur. Mais, après l'échec de sa tentative de contrôler le FPI, par le biais de Koulibaly, cette communauté internationale a choisi de jeter son dévolu sur AFFI, pour préparer la succession de ouattara. Mais, ce plan ne marchera qu'à une condition. Tourner la page Gbagbo sans en avoir l'air. Donner l'impression qu'on travaille pour la liberation de Gbagbo, mais en réalité il n'en est rien. Pire, on travaille pour son effacement totale de la scène politique ivoirienne.

    Sinon, si ce n'est pas cela le plan qui se déroule en ce moment au FPI, qu'on me dise de quoi le FPI tout entier sera l'instrument? Que fera le FPI, pendant qu'un hypotétique secrétariat exécutif s'occupera de la lutte pour la libération de Gbagbo? De quoi s'occupera le FPI, pendant ce temps là? Si la lutte pour la libération de Gbagbo n'est pas la priorité des priorité du tout FPI, alors c'est quoi la priorité du FPI et de son président?

    28 Juin 2014
    Vaber Douhouré

  • Dédicace pour Théo et les journalistes de LNC


    Clip: Artistes Unis pour Norbert Zongo par gideonvink

    "Le pire n'est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien" Norbert Zongo

  • Le Nouveau Courrier et moi ou la tentation d'en finir

     

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    IL FAUT PEUT-ETRE SAVOIR S'ARRETER. En octobre 2002, soit il y a bientôt 12 ans, je faisais librement le choix de quitter Le Monde, dont j'étais le correspondant en Côte d'Ivoire, parce que je ne voulais pas le type de journalisme que j'étais condamné à faire si j'y demeurais alors que la France officielle y avait engagé une guerre civile par rebelles interposés. Depuis, j'ai essayé de creuser mon sillon hors des sentiers battus ; de faire avec les moyens de bord du journalisme de qualité témoignant de la réalité du conflit ivoirien. Je suis devenu entrepreneur de presse par nécessité dans ce contexte. Au Courrier d'Abidjan, à Le Nouveau Courrier, nous avons témoigné comme nous le pouvons. Humblement, nous avons contribué à ouvrir quelques paires d'yeux. Mais quelle est la valeur que les lecteurs accordent à notre travail ? Depuis que les journaux d'opposition ont été autorisés par le régime Ouattara après avoir été systématiquement pillés, j'ai insisté sur un "modèle économique" fondé sur les abonnements, parce que les ventes au numéro sont un socle trop fragile dans un contexte de persécution politique et de "concurrence interne" accrue. J'espérais 1000 abonnés [Mediapart à qui beaucoup d'entre nous attribuent des articles qu'il n'a pas écrit tant l'espérance est grande en a 80 000] pour mettre mon équipe à l'aise afin qu'elle produise du bon journalisme dans un premier temps ; puis 2000 qui financeraient une diversification audiovisuelle. Las. Nous en avons tout au plus 120-130. Les nouveaux abonnés "remplacent" ceux qui ne renouvellent pas leurs abonnements. J'ai tout essayé pour plaider notre cause auprès du public. En vain. Sans doute que je m'y prends mal, ou que notre contenu n'est pas assez attrayant. Pendant plus d'un mois, nous n'avons pas pu paraître. Et en dehors de la solidarité du "faible nombre" de nos abonnés, nous n'avons pas eu beaucoup de retours... Nous avons échoué à mobiliser une masse critique de lecteurs croyant assez à notre travail pour s'abonner. Il faut en prendre acte.

    Aujourd'hui je suis fatigué. Ce n'est pas tant le fait de faire face aux persécutions politiques et à l'ostracisme à Abidjan et à Paris qui épuise. C'est d'avoir à se battre contre les sites-pirates qui pillent notre contenu et se fichent bien d'être dénoncés. Des sites-pirates sur lesquels notre cible lit notre production sans trop se soucier de ce que nous devenons. C'est d'avoir à subir la "violence" des acheteurs et abonnés qui diffusent largement notre production à leurs amis... ces derniers attendant d'être servis gratuitement. Je suis fatigué de la concurrence de journaux bleus malhonnêtes qui diffusent des mensonges éhontés, des prophéties et de vieilles infos recyclées, des fausses "bonnes nouvelles" qui illusionnent le lecteur, lequel se détourne des contenus plus réalistes.

    "Pour qui écrit le journaliste africain ?" Angoissante question. 

    Vivre dans la grande précarité et les privations, faire subir à nos familles le prix de nos engagements n'a du sens que si nous pouvons AU MOINS travailler. Mais à force de survivre, nous ne le pouvons plus.

    Sans doute devrais-je me résoudre à écrire, douze ans après : "J'arrête".