19/04/2012

NON A UNE FRANCAFRIQUE REPEINTE EN ROSE ! -QUAND LE PS RIQUE DE PERDRE LE VOTE DES AFRICAINS DE FRANCE- par MICHEL GALY



Les récentes déclarations de François Hollande sur l’Afrique- jugeant « nécessaire » l’intervention et le « coup d’Etat franco onusien » à Abidjan- ne sont pas qu’une maladresse ou un épiphénomène dans une campagne électorale socialiste où la politique internationale, en particulier africaine, a tenu la place de la portion congrue.


Elle correspond, hélas, à l’influence d’une droite du parti qui a la haute main, via ses représentants, sur les alliances les plus scandaleuses avec bon nombre de régimes contestés -voire de potentats africains- et qui a favorisé un consensus avec l’interventionnisme sarkosyste qui rappelle les heures les plus noires, du temps de Guy Mollet en Algérie.


Car ne nous y trompons pas : au-delà de l’intervention militaire sanglante en Libye et en Cote d’Ivoire, c’est bien d’une tendance doctrinale dont il s’agit.
L’intervention militaire n’est d’ailleurs que la partie émergée de liaisons douteuses, tant politiques qu’économiques, dont on pourrait penser que le candidat socialiste aurait eu à cœur de les renier, et de proposer une alternative.


Car ceux qui connaissent le continent africain observent la montée, au-delà même des pays concernées par l’aventureuse politique néocoloniale, d’un ressentiment et parfois d’une « haine de l’Occident » et malheureusement parfois de la France, qui augure mal des relations à venir- au profit sans doute de nouveaux acteurs en embuscade, comme les USA ou la Chine.


Déstabiliser la Libye et la Cote d’Ivoire, pour une foucade, une aventure palliant à l’impopularité du régime à l’intérieur, demain en mettant à mal la stabilité du Mali ou du Niger sous prétexte de lancer les Touaregs contre AQMI n’est qu’une politique de Gribouille qui met en danger à terme les intérêts français et même la sécurité de nos ressortissants.


A l’inverse, lors de l’arrivée possible au pouvoir d’un candidat de gauche, un seul discours, suivi d’une aide politique forte, suffirait pour que tombe en cascade les dictateurs amis, non de la France, mais de la Françafrique : ce qui aurait pu avoir lieu en mai 1981 peut toujours se réaliser aujourd’hui ! Nos camarades démocrates africains n’attendent que ce discours, celui de la libération du pacte néocolonial. Croit on vraiment que les dictatures ou démocratures du Congo, de la RDC, de la Cote d’Ivoire, du Gabon, du Burkina- et l’on en passe !, tiendraient longtemps devant la volonté des représentants du peuple français de favoriser l’Etat de droit et le renversement des corrompus ?


Il y faudrait deux conditions, en sus de ce discours libérateur : le retrait immédiat de tout corps expéditionnaire français en Afrique, dont on sait que dans le demi siècle précédent, sous prétexte de défense des ressortissants français, il n’a fait que conforter les pires dictatures. Et la fin de la coopération néocoloniale, précédant un partage équitable des ressources.
Laissons les peuples se libérer eux même, sans ingérence : les révolutions africaines n’attendent qu’une impulsion pour passer le Sahara et se propager comme un feu de brousse, en mettant fin aux régimes oppressifs et à une Francafrique obsolète !


C’est pourquoi déçus des compromissions actuelles, nous appelons clairement à voter pour le Front de gauche pour le premier tour, qui se trouve en accord avec les conditions ci dessus- même s’il n a pas encore établi des liens concrets avec les forces anticoloniales.


Reste le second tour : le Ps n’échappera à une autocritique sur son approbation des aventures sarkosystes les plus sanglantes, tant à Abidjan qu’à Tripoli ; le vote des centaines de milliers est à ce prix ! Amis socialistes, encore un effort pour être démocrates, et tant qu’à y être, internationalistes !

1 Politologue, Paris

07:34 Écrit par saper aude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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